Procès du Carlton: Les ex-prostituées ne demandent pas vengeance et réclament un euro symbolique.

JUSTICE A Lille, la troisième semaine du procès du réseau de proxénétisme du Calrton s'ouvre ce lundi sur les plaidoiries des parties civiles...

Olivier Aballain

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Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction.
Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction. — M.Libert/20 Minutes

Place aux avocats. Au tribunal correctionnel de Lille, après deux longues semaines d'auditions des 14 prévenus et des témoins, le procès de l'affaire dite du Carlton de Lille entre dans sa dernière phase, celle des plaidoiries.

Les avocats des parties civiles ouvrent le ban: deux anciennes prostituées se sont déclarées victimes du réseau de proxénétisme visé par les enquêteurs, ainsi que deux associations protégeant les prostituées (le Nid et Équipes d'action contre le proxénétisme). La société Matériaux Enrobés du Nord, à l'époque dirigée par l'un des co-accusés, David Roquet, est également concernée, ses avocats estimant qu'elle a été victime d'escroquerie.

16h45: C'est terminé pour aujourd'hui. Demain le tribunal écoutera les réquisitions du procureur et de la vice-procureure, très pugnace lors des deux premières semaines d'audience.
Merci de nous avoir suivis.
16h40: Faire taire les commentateurs.
Cette demande d'euro symbolique pourra peut-être, espère l'avocat, «faire taire certains commentateurs» qui estimaient que l'argent était la motivation des parties civiles. Me Gilles Maton recommande même de transférer les sommes, qui auraient pu être allouées aux victimes, en direction des deux associations parties civiles «dont l'utilité est reconnue».
16h35: Un euro symbolique.
Les 4 ex-prostituées qui se sont portées partie civile «avaient besoin» de l'argent des accusés à l'époque des faits, mais «ce n'est plus le cas aujourd'hui, elles n'en veulent plus», rapporte Gilles Maton. En conséquence, chacune réclame seulement un euro symbolique de dommages et intérêts.
 
16h30: Le prix du cynisme. 
Me Maton aborde la question de l'indemnisation des victimes avec une citation d'Oscar Wilde, «considéré comme un libertin à sa manière, à l'époque»: «Le cynique est quelqu'un qui connaît le coût de chaque chose et la valeur d'aucune». 
16h20: L'ordinateur a lâché.
Je continue avec les moyens du bord. Me Laporte assure que ses clientes ne «demandent pas vengeance». 
16h15: Les autres prévenus sont ciblés.
Me Gilles Maton passe la parole à son confrère Gérald Laporte. Les deux avocats défendent ensemble quatre ex-prostituées.
16h11: Manque de preuves.
«Il ne paie pas, ou rarement, et c'est ce qui le sauvera sans doute dans cette affaire»; Pour Me Maton, l'ancien patron du FMI, homme puissant, courtisé, présidentiable, avait l'habitude d'être invité partout. D'où le manque de preuves en matière de proxénétisme...
16h07: Le Minotaure.
On continue avec les références romantiques ou mythologiques. En voyant Dominique Strauss-Kahn le premier jour, Me Maton s'est souvenu «de gravures érotiques présentant le Minotaure avec des jeunes filles». Un homme «certainement affable parfois, pluriel sûrement, intelligent. Mais un Minotaure avec les femmes.»
16h05: Pour Me Maton aussi, DSK file vers la relaxe
«Nous pensons comprendre que le non-lieu sera la position du parquet sur le cas de Dominique Strauss-Kahn, comme c'était sa position initiale». Me Maton rejoint l'avis de son confrère Me Lépidi sur la probable relaxe de Dominique Strauss-Kahn, faute de charges constituées.
16h02: La mauvaise éducation
Des cols blancs, des gens éduqués, courtois en apparence, mais qui se cachent les yeux en regardant les autres se livrer à de l'abattage sur une gamine de 19 ans...
15h58: La misère de la prostitution.
«Celles que naguère on appelait filles de joie ont en réalité une vie bien triste», rappelle Me Maton.
15h55: Remerciements.
L'avocat remercie la cour pour la tenue de ce procès «digne» qui a servi «de catharsis» et  a rendu à ses clientes leur condition de femmes.
15h53: Reprise.
On commence avec Me Gilles Maton, défendant 4 prostituées qui se sont portées partie civile, dont Jade et Malika (nous en restons aux pseudonymes).
15h35: Suspension d'audience.
La plaidoirie de Me Lépidi est terminée. L'audience est suspendue 10 minutes (qui dureront probablement 15 ou 20). Résumé d'une heure trente de monologue:
15h30:Pas de preuve irréfutable.
Convaincu que DSK «a bien quelque chose à cacher», Me David Lépidi estime cependant que les faits rapportés ne permettent pas de prouver que l'infraction de proxénétisme aggravé soit constituée contre l'ancien patron du FMI.
15h25: La partie civile se retire de son action contre DSK.
Équipes d'action contre le proxénétisme retire sa constitution de partie civile à l'encontre de DSK.
15h22: Plaidoirie interminable.
Nous en sommes déjà à 1h20 de plaidoirie. On comprend mieux pourquoi l'audience a été interrompue ce matin avant l'intervention de Me David Lépidi.
15h20: Le nom d'emprunt pour la location d'un appartement à Paris.
Me Lépidi estime que Dominique Strauss-Kahn avait «forcément quelque chose à cacher» puisqu'il utilisait d'un nom d'emprunt pour la location d'un appartement hébergeant des soirées en présence de prostituées, à Paris.
15h05: DSK se fait les ongles...
Dominique Strauss-Kahn ne se sent pas spécialement concerné cet après-midi.
14h55: Nouvelle digression.
Me David Lépidi se lance dans un nouvel aparté pour se défendre d'avoir été la taupe de Nicolas Sarkozy dans le dossier. L'association dont il défend les intérêts s'est constituée partie civile dès les débuts de l'instruction judiciaire. Le père de David Lépidi a mené une liste de droite se revendiquant de Nicolas Sarkozy aux dernières élections municipales. So what, Maître ?
14h45: Les petits papiers.
«Nous avons des gens qui voulaient être dans les petits papiers du futur président de la République», estime Me Lépidi, qui s'en prend à MM Paszkowski et Roquet.
«Des personnes dévoyées ont visiblement décidé de payer pour vous», lance l'avocat aux défenseurs de Dominique Strauss-Kahn.
14h40: Digressions.
Les nombreuses digressions de Me Lepidi sont diversement appréciées dans la salle de presse.
14h35: Quels liens entre la France et la Belgique?
L'avocat d'Équipes et actions contre le proxénétisme essaie de démontrer que Dominique Alderweireld a bien utilisé son réseau belge pour «fournir» des prostituées sur le sol français, à la demande de René Kojfer.
14h25: Kojfer, clef de voûte du réseau?
Me Lépidi ironise sur les malaises de l'ex-chargé de relations publiques du Carlton lors des premières auditions. Il fait de René Kojfer la «clef de voûte» de l'affaire, qui n'aurait «peut-être pas existé sans lui», et de DSK le «profiteur» du réseau.
14h20. Dessin que je ne saurais voir.
On sait pourquoi DSK est venu ce lundi matin
14h19: L'intelligence de DSK.
Me Lépidi veut prouver l'intelligence de Dominique Strauss-Kahn, qui selon lui «ne pouvait ignorer que les femmes qu'il rencontrait dans ces soirées étaient des prostituées». Il se perd un peu en tressant des louanges sur DSK pour ses qualités d'économiste. Un long hors sujet qui fait sourire la salle d'audience.
14h15: Le libertinage n'existe pas sans consentement.
«Pour que ces femmes soient libertines, il eût fallu qu'elles viennent dans ces soirées pour leur plaisir, or on l'a vu la semaine dernière: elles n'ont pris aucun plaisir», argue Me David Lépidi. Ce qui nous amène à la question du jour, posée par slate:
14h10: Le proxénétisme, une infraction «protéiforme».
Me David Lépidi refait l'histoire du proxénétisme depuis 1900 et cite toutes les formes de proxénétisme qu'il connaît. Aujourd'hui, selon lui, on a affaire à du proxénétisme «BCBG».

14h05: Mauvaise formule.
Pour Équipes et actions contre le proxénétisme, Me David Lépidi a la formule facile, et pas souvent à bon escient. «Cette affaire c'est le fric, le fric... et même le froc, avec le proxénétisme». Frissons d'effroi dans la salle.

14h00: L'audience va reprendre d'une minute à l'autre.
En attendant Me Lépidi, quelques minutes avec l'infortuné Sardanapale:
10h35: Les parties civiles ont donc choisi de faire court ce lundi matin.
Leurs plaidoiries ont souvent repris les propos des principaux prévenus à l'audience ou au cours de l'enquête, comme si ces déclarations parfois choquantes moralement se suffisaient à elles-mêmes.
10h31: L'audience est suspendue.
En attendant la plaidoirie de Me Lepidi pour l'association Équipes d'action contre le proxénétisme, cet après-midi, l'audience est suspendue jusqu'à 14h.
10h25: Merci pour la dignité
Me Emmanuel Daoud oppose la «dignité» des femmes venues témoigner «courageusement» de ce qu'elles ont subi et les dénégations embarassées de certains prévenus. Pour conclure il cite Baudelaire, et son poème La Muse vénale

Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
Comme un enfant de chœur, jouer de l'encensoir,
Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,

Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas,
Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.
10h20: Sardanapale.
Point littérature: Sardanapale est un roi assyrien qui aurait entraîné sa favorite Myrrha dans sa chute après avoir compris qu'il courait à sa perte. Le mythe est raconté dans un drame du romantique anglais Lord Byron, loin des prétoires du tribunal correctionnel de Lille.
10h15: Dominique Strauss-Kahn dans le viseur.
«Dominique Strauss-Kahn» était-il si naïf alors que ses amis «jouaient les tour-operators du sexe?» Ne savait-il pas que ces femmes étaient des prostituées, lui qui a dû signer une lettre d'excuse après sa liaison avec une salariée du FMI? «En réalité, tout tourné vers sa passion du sexe il ne prenait aucune précaution, véritable Sardanapale des temps modernes».
10h10: Il y en a pour tout le monde.
Me Emmanuel Daoud va faire le tour des co-accusés. Il commence par le chargé de relations publiques du Carlton, René Kojfer, puis passe à Dominique Alderweireld. L'avocat n'hésite pas à rejouer certaines conversations sordides recueillies sur écoutes (du «matériel», un «canon de 18 ans» à attraper...) pour mieux indigner l'auditoire.
10h05. Ordre moral.
Contrairement à ce qu'avait demandé le président du jury, qui entendait juger uniquement des infractions au droit, Me Emmanuel Daoud entend bien évoquer le comportement de certains prévenus. Il cite notamment son confrère Me Emmanuel Riglaire, co-accusé dans le procès, qui a «joué les 50 nuances de Grey» en première semaine.
10h00: «La honte».
Ce qui a marqué les esprits, selon  Me Daoud, «c'est la honte des différents acteurs qui, dans cette salle, ont touché à la prostitution»;
9h50: L'avocat de l'association Le Nid arrive à la barre.
«A mon sens il y aura un avant et un après procès du Carlton», lance Me Emmanuel Daoud. Grâce au témoignage des anciennes prostituées, la prostitution est sortie de la représentation un peu voyeuriste renvoyée par certains livres et films.
9h40: Dominique Strauss-Kahn est présent dans la salle.
L'ancien patron du FMI s'est déplacé dès le premier jour des plaidoiries. Il a visiblement l'intention de montrer qu'il n'est sensible à la souffrance exprimée par les parties civiles, comme l'avait déjà montré son avocat Me Henri Leclerc la semaine dernière.
9h35: La société Matériaux Enrobés du Nord est à la barre.
C'est Me Thierry Massaldo qui s'occupe de plaider pour le compte de cette filiale du groupe de BTP Eiffage, qui s'est déclarée «victime» dans le volet «escroquerie» des faits reprochés à David Roquet.

Audience en direct à partir de 9h30.