Procès du Carlton: Les trois questions auxquelles le tribunal va devoir répondre

JUSTICE Avant la dernière semaine du procès dit du Carlton de Lille, 20 Minutes fait le point sur les enjeux...

Gilles Durand
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Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction.
Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction. — M.Libert/20 Minutes

Toutes les audiences se sont terminée vendredi. Le feuilleton du procès dit du Carlton de Lille entame, lundi, sa troisième et dernière semaine au tribunal correctionnel. Place désormais aux plaidoiries des avocats et au réquisitoire du procureur que 20 Minutes va vous faire vivre en direct. Chacun va donner son point de vue sur l'affaire. L'occasion de faire un point sur les questions que soulève ce procès. 20 Minutes en a choisi trois sur lesquels la justice va devoir trancher.

1. DSK savait-il qu'il avait affaire à des prostituées? C'est le cœur de ce procès à tiroir. L'ex-patron du FMI et ancien candidat aux primaires socialistes pour les élections présidentielles affirme, depuis le début, qu'il pensait que les jeunes filles qu'on lui présentait pour avoir des relations sexuelles étaient des libertines. L'échange de SMS qu'il avait avec l'organisateur de ces rencontres n'évoque jamais le terme de prostituée. Il y est question parfois de «matériel». Durant les audiences, aucune preuve n'a pu être apportée sur le fait que DSK connaissait le statut de prostituées de ses partenaires. L'accusation de proxénétisme pourrait alors tomber.

2. Comment était financée l'organisation des partouzes? Ils sont trois à être poursuivis pour escroquerie. A Washington ou à Paris, les rencontres avec DSK étaient organisées par son ami Fabrice Paszkowski, gérant de Medicalis, une société fournisseuse de matériel médical et David Roquet, responsable d'ENM, une filiale d'Eiffage. Les deux Nordistes passaient par une boîte d'événementiel appartenant à Virginie Dufour pour facturer les rencontres au frais de leur entreprise. En tout, 46.700 euros. Avec des factures très peu détaillées, comme l'a constaté le président du tribunal. Et qui ne correspondaient, parfois, à aucune prestation réelle.

3. Existait-il un réseau de prostitution au sein du Carlton? L'ancien chargé des relations publiques du Carlton, René Kojfer, joue gros. Il est accusé d'avoir mis en place un réseau de prostitution dont profitaient ses patrons, puis d'avoir recruté des filles pour les rencontres sexuelles organisées par David Roquet et David Paszkowski au profit de DSK. Le septuagénaire, qui nie avoir joué les proxénètes, a été victime d'un malaise à la fin de sa première journée d'audience. «Vous penseriez quoi si votre fille avait des relations avec un homme de votre âge?», avait demandé l'avocat des prostituées qui se sont portées parties civiles.