Lille: Quand la police intervient en classe pour prévenir les violences conjugales

SOCIETE Pendant une semaine, deux policières sont intervenues au lycée Gaston-Berger de Lille pour sensibiliser des étudiants BTS à la problématique de la violence faite aux femmes...

Gilles Durand

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Lille, le 5 fevrier 2015 - Seance de prevention du viol dans une salle de classe de BTS au lycee Gaston-Berger, avec la police.
Lille, le 5 fevrier 2015 - Seance de prevention du viol dans une salle de classe de BTS au lycee Gaston-Berger, avec la police. — Gilles Durand / 20 Minutes

«Qu'est ce qui caractérise un viol?». La question est directe, posée par une officier de police à des étudiants en 1re année BTS. Toute la semaine, la violence conjugale a été inscrite au programme des cours du lycée Gaston-Berger de Lille. En tout, seize séances de prévention qui se sont terminées, jeudi. Une première pour la police lilloise, plutôt habituée à intervenir sur la sécurité routière.

Procédures judiciaires en question

Dans cette classe de BTS Communication, l'ambiance vire parfois potache. «C'est la pénétration qui caractérise le viol», ose Corentin, au dernier rang. Au cœur d'un auditoire très majoritairement féminin, plusieurs rires gênés se font entendre. Mais très vite, le discours des deux policières ne prête plus au moindre sourire.

Surtout lorsqu'il est question des procédures judiciaires. «La violence conjugale est également reconnue au sein d'un couple ou lorsqu'un ex-petit ami, mécontent d'une rupture, donne une gifle», souligne la capitaine Patricia Jannin. Les questions fusent.

Sujet tabou

«Nous avions déjà évoqué ces problèmes en cours», explique Michel Bauvin, professeur de Droit. D'où l'intérêt évident des étudiants à propos de ce sujet tabou que restent encore les violences faites aux femmes. Pour le proviseur du lycée, Thierry Desplancke, ce genre d'action de prévention, est une évidence: «On parle beaucoup de parité. Le premier indicatif dans une société, c'est la place qu'on fait aux femmes».

«Je ne pense pas que je porterais plainte»

Il reste visiblement du chemin. «Dans le nord, six femmes et un homme sont morts sous les coups de leur conjoint en 2013», précise la capitaine Patricia Jannin. «Chaque année, en France, 216.000 femmes sont victimes de violences conjugales, et seulement 16% portent plainte», ajoute la brigadière Isabelle Tournemine.

Marie lui donne raison. «Personnellement, je ne pense pas que je porterais plainte si ça m'arrivait. La démarche me paraît trop difficile d'aller raconter ça dans un commissariat», avoue la jeune fille. «C'est vrai que, psychologiquement, il faut être costaud», admet Patricia Jannin.