EN DIRECT. Affaire du Carlton, 12.500 écoutes ont été réalisées... Des écoutes classées Secret Défense...

JUSTICE Le procès du Carlton aborde ce mercredi les possibles motiviations politiques de l'enquête débutée en 2010...

Olivier Aballain

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Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction.
Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction. — M.Libert/20 Minutes

Le procès du Carlton entre dans le dur. Après le témoignage des prostituées, voici celui des policiers.

Sur demande des avocats de la défense, la cour entendra ce mercredi les enquêteurs en charge de l'affaire. Objectif: connaître les moyens déployés pour les besoins de l'enquête, et les motivations qui les sous-tendent. Car dès l'ouverture des débats, le 2 février, les avocats de la défense ont laissé entendre que la présence de Dominique Strauss-Kahn dans le dossier avait pu avoir une influence sur le déroulement de l'enquête.

Me Olivier Bluche, avocat du commissaire Jean-Christophe Lagarde, a en effet démontré lundi que les investigations sur le «réseau» de proxénétisme avaient débuté en juin 2010, huit mois avant le début officiel de l'enquête.

19h50: Ce live est maintenant fini. Merci de l'avoir suivi.
19h45: Fin de l'audience. Joël Specque reviendra vendredi. L'audience reprend demain sur le volet hôtelier de l'affaire.
19h40: Indignation. Les avocats ont continué de s'insurger de la persistence du Secret Défense dans ce dossier. Joël Specque, acculé, a indiqué qu'aucun élément n'avait impliqué DSK dans les écoutes administratives. «Vous violez le secret Défense quand cela vous arrange», s'est indigné Me Henri Leclercq, avocat de l'ancien patron du FMI.
19h15: 12.500 écoutes réalisées. Me Soulier, avocat du propriétaire du Carlton Hervé Franchois, se demande qui a effectué les 12.500 écoutes contenues dans le dossier.
19h00: Aucun compte-rendu des écoutes. Interrogé par l'avocat d'Emmanuel Riglaire, Joël Specque indique que le Parquet aurait pu demander la déclassification d'une partie des écoutes. Mais il aurait fallu pour cela l'informer du contenu. Or visiblement aucune synthèse n'a été adressée au parquet. Au lieu de cela, l'enquête préliminaire débute officiellement le 2 février 2011 sur la foi d'un simple «renseignement»...
18h50: Enquête secret défense. Seules des personnes habilitées Secret Défense ont pu réaliser la synthèse des écoutes administratives. Précision: les écoutes ont été détruites 10 jours après interruption des écoutes (le 1er février 2011), comme le prévoit la loi.
18h45: L'avocat de DSK à la barre. Me Henri Leclercq, avocat de DSK, monte à la barre. Devant ses questions sur le contenu des huit mois d'enquête officieuse, Joël Specque se réfugie dans le «Secret Défense». «Mais quels éléments avez-vous porté dans votre demande d'écoutes qui concernent la Sûreté de l'État?».
18h40: Un n°2 du renseignement intérieur dans le dossier. Les débats se focalisent sur les liens de Joël Specque avec Frédéric Veaux, n°2 de la division du renseignement intérieur (DCRI). Les deux flics ont débuté leur carrière ensemble. Or selon les écoutes, Frédéric Veaux, qui connaissait René Kojfer, aurait téléphoné à ce dernier pour lui demander s'il participait à des partouzes avec DSK. L'appareil d'État aurait donc été mis au courant de la présence de DSK dans le dossier?
18h35: On continue la démonstration. Pour Me Olivier Bluche, il s'agit de prouver que l'enquête, démarrée officiellement en février 2011, s'est en réalité nourrie des écoutes réalisées dans les mois précédents.
Or ces écoutes n'ont pas été versées au dossier. La défense entend donc contester la validité de l'ordonnance de renvoi, qui ne donnerait pas la totalité des éléments à charge. Un argument déjà développé le premier jour d'audience
18h30: Contradiction flagrante. Me Olivier Bluche met en avant une certaine contradiction entre les deux approches de juin 2010 et février 2011. Le contenu des écoutes administratives ne figure pas dans le dossier car elles n'ont, selon Joël Specque, «rien donné d'extraordinaire».

Alors accrochez-vous.
L'enquête préliminaire n'a pas été ouverte en juin, faute d'éléments probants.
Mais après des mois d'écoutes infructueuses, du 22 juillet 2010 au 1er février 2011, une enquête préliminaire est cette fois ouverte.
Pourquoi? «C'est un choix», dit Joël Specque.
18h20: Enquête ouverte 8 mois plus tard. Me Olivier Bluche demande pourquoi les policiers n'ont pas demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire dès juin 2010, assortie d'écoutes judiciaires (et non administratives, moins encadrées). Au lieu de cela, l'enquête préliminaire ne sera ouverte que le 2 février 2011.
18h18: Interceptions de sécurité. «Nous avons considéré que la traite des être humains relevait du grand banditisme», un critère prévu par la loi de juillet 1991 encadrant les écoutes téléphoniques. D'où le déclenchement des écoutes sur le dossier, demandé mi-juin 2010.
18h15:Surveillance téléphonique.  Faute de pouvoir enquêter directement sur place, au Carlton, «car la plupart des membres de la PJ sont connus des protagonistes de l'affaire», les enquêteurs choisissent la surveillance téléphonique.
18h10: Groupe franco-belge. Me Olivier Bluche aimerait savoir pourquoi une coordination franco-belge a été mise en place pour enquêter sur Dodo la Saumure. Joël Specque ne s'en souvient pas. «Y a-t-il eu des surveillances?». «Oui, euh non», répond le policier. «On ne lance pas une procédure judiciaire sur des soupçons ou des rumeurs».
18H05: L'avocat d'un flic interroge un flic.L'ancien patron de la brigade criminelle de la PJ de Lille est interrogé par Me Olivier Bluche, qui défend le commissaire Jean-Christophe Lagarde, mis en examen pour proxénétisme aggravé.
18h00: L'exacte vérité. Joël Specque, commissaire divisionnaire en retraite depuis 2010, a écrit un livre qui, en page 90, annonce vouloir donner «l'exacte vérité sur l'affaire Carlton».
17h55: Ça reprend. Avec du retard.
17h40: Audition terminée pour le premier policier. Suspension en attendant l'arrivée du principal témoin, l'ancien patron de la crim' de Lille, Joël Specque.
17h30: Policier sur écoutes. Le policier interrogé ici a été mis lui-même sur écoutes quelques jours avant que l'affaire n'éclate. Il connaissait René Kojfer et reconnaît d'ailleurs être franc-maçon.
17h20: DSK représenté. Petit détail intéressant: alors que DSK n'est pas directement concerné par le volet du dossier examiné cette semaine, son principal avocat Me Henri Leclercq est présent dans la salle cet après-midi. Lui aussi espère visiblement comprendre ce qui a motivé le déploiement des écoutes administratives.
17h15: Le procureur sommé de jouer cartes sur tables. Le procureur assure que les écoutes administratives se sont réalisées dans le respect des procédures légales. Me Sorin-Margulis fait remarquer qu'il suffit, pour lever tout doute, de produire à l'audience l'autorisation de branchement administratif à laquelle le procureur fait référence. Le président fait enregistrer la demande.
16h55: Branchement sans cadre. Le policier a évoqué plusieurs phases dans l'enquête: un branchement sans cadre, un branchement administratif, puis une phase judiciaire. «Il doit bien y avoir une trace de ce branchement». Me Sorin Margulis, défenseur de Dodo la Saumure, rebondit: «Merci c'est très rassurant». Jusqu'à présent, la présence de ces écoutes ne figure pas au dossier. Cette absence a été vigoureusement dénoncée dès l'ouverture du dossier le 2 février.
16h50: Le black-out sur l'enquête. Loïc Lecapitaine estime que l'enquête a fait l'objet d'un «black-out total», inhabituel pendant un an. «En général on a quand même des éléments qui filtrent, là rien. Peut-être que c'était parce que des policiers étaient concernés...»
16h46: Pourquoi de tels moyens? Me Hubert Delarue a tenté de savoir, sans succès, pourquoi la police a déployé des moyens considérables incluant des écoutes administratives pour une affaire impliquant René Kojfer.
16h45: Précisions imprécises. Les explications du policier s'embrouillent à mesure que l'interrogatoire avance. Il aurait «interprété» la conversation avec son patron Joël Specque, en faisant le rapprochement avec une affaire démarrée en novembre 2009.
16h40: Rétropédalage. Le policier reprend donc complètement la timeline. Finalement il a donc bien entendu parler de ces écoutes en 2010, et leur démarrage pourrait dater de novembre 2009.
16h35: D'emblée, Loïc Lecapitaine revient sur son témoignage et indique n'avoir eu confirmation du «branchement administratif» de René Kojfer qu'en décembre 2011 et non 2010. Il est contré par Hubert Delarue qui fait remarquer que son audition datait d'octobre 2011. Il ne pouvait donc faire référence à des faits de décembre 2011...
16h30: Audition de Loïc Lecapitaine, enquêteur à la DIPJ de Lille. C'est lui qui a témoigné avoir appris, en décembre 2010, que René Kojfer était «branché administrativement». Alors que l'enquête n'a officiellement débuté qu'en février 2011. Me Delarue, avocat de René Kojfer, est à la manœuvre.
16h25: Audition des policiers. La cour est de retour. Voici ce dont on va parler
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16h10: Suspension de l'audience. Le volet «hôtelier» est bouclé. On passe aux deux policiers d'ici 16h25.
16h05: Scène de fellation. Le président raconte la déposition d'un réceptionniste  qui explique avoir remarqué une scène de fellation d'une «fille» sur René Kojfer, en présence de Francis Henrion, sur la videosurveillance du bureau de la direction. «Ils ont semblé s'en apercevoir et ont jeté un linge sur la caméra». Francis Henrion ne s'en «souvient pas». «Ce sont des souvenirs précis, quand même», commente le président.
15h55: Pour patienter un peu, un petit rappel de ce qui nous attend ensuite: l'audition de l'ancien commissaire divisionnaire Joël Specque, auteur d'un livre de souvenirs qui évoque les débuts de l'enquête en juin 2010.
15h50: Sur les «dossiers». On en apprend un peu plus sur l'utilisation du mot «dossier» par ces messieurs, notamment René Kojfer. Quand un salon se tenait dans l'hôtel, et qu'il y avait de jolies femmes, on parlait de «jolis dossiers». Le mot «dossiers» n'était pas réservé aux prostituées.
15h35: Prostituées ou femmes infidèles. On est toujours dans le débat sur la connaissance de la venue de prostituées au Carlton. Portaient-elles des pantalons serrés, comme le dit une salariée? S'agissait-il de femmes infidèles? Drôle de débat.
15h25: Une salariée du Calrton désigne Francis Henrion. Le fait d'abriter des prostituées, «je savais que c'était interdit, mais comme Francis Henrion était au courant je ne suis pas allée plus loin...».
15h20: Les salariés qui changent d'avis. Le président s'étend sur les salariés qui ont changé leur déposition pour finalement concéder que la direction connaissait l'activité de René Kojfer. Le trio Kojfer, Henrion, Franchois s'est reconstitué à la barre.
15h10: «Tout le monde savait». Les dépositions des salariés du Carlton semblent indiquer que «tout le monde savait» quelle activité René Kojfer entretenait dans l'hôtel...
15h05: Dénigrement. De retour à la barre, Francis Henrion confirme avoir mis à la porte une salariée qui l'avait traité de proxénète. «Cela s'appelle du dénigrement vis-à-vis de son employeur», assure-t-il crânement. Une procédure aux Prud'Hommes est en cours.
15h00: Ton badin. «J'avais demandé à Francis Henrion d'augmenter l'activité de l'hôtel, pas celle des clients». Hervé Franchois reste toujours assez proche d'un ton badin.
14h50: Le dossier a dérivé sur un débat concernant le début d'activité de Jade en tant qu'escort, car Hervé Franchois estime que son dernier rendez-vous accompagné date de 2005-2006. Si c'est le cas il ne pourrait être poursuivi car les faits seraient prescrits.
14h35: La version d'Hervé Franchois: Il a soupçonné l'activité de proxénétisme de René Kojfer et a seulement voulu vérifier les faits et «entendre la version» de la prostituée. Certes il a eu par le passé des relations avec des prostituées, mais depuis son opération du coeur «il y a relâche de ce côté là» affirme l'homme, âgé de de 74 ans.
14h30: Visiblement nerveux, Hervé Franchois dit avoir accepté une rencontre avec une fille présentée par René Kojfer juste «pour avoir sa version des faits». «On a discuté une heure ensemble, elle m'a raconté pas mal de choses sur sa vie».
14h25: Pour lui les filles «ce sont des feuilles de papier entourées de carton». Hervé Franchois ne se souvient pas avoir tenu ces propos retranscrits des écoutes téléphoniques.
14h15: Le président Lemaire insiste auprès de Hervé Franchois pour le mettre devant ses contadictions. L'étrange surdité qui avait saisi la veille René Kojfer, son ancien chargé de relations publiques, semble avoir contaminé le propriétaire du Carlton.

14h06: Le gérant du Carlton a dû s'expliquer, ce matin, sur les chambres «5 à 7» très officiellement louées par le palace lillois. Place maintenant au propriétaire de l'hôtel, Hervé Franchois.

14h05: Début des débats de l'après-midi. Joël Specque, ex-patron de la brigade criminelle de la PJ de Lille, et son collègue Loïc Lecapitaine, sont invités à rejoindre la salle des témoins, le temps que les débats du matin se terminent.

L'audience est à suivre en direct dès 14h...