Apologie du terrorisme: Manifestation contre le licenciement d'un salarié de Bombardier

SOCIÉTÉ Syndiqué chez SUD, le salarié aurait fait l'apologie du terrorisme à travers des «propos choquants» selon la direction...

Mikael Libert

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A Crespin, Bombardier fabrique notamment les rames du RER «Transilien».
A Crespin, Bombardier fabrique notamment les rames du RER «Transilien». — M. Libert / 20 Minutes

Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant l'usine Bombardier, à Crespin, dans le Nord. Le mouvement visait à soutenir un salarié, syndiqué à SUD, sur le point d'être licencié pour avoir fait l'apologie de terrorisme au lendemain des attentats à Charlie Hebdo, a-t-on appris, ce vendredi, de sources concordantes.

«Des propos choquants»

«Le salarié a tenu des propos choquants dans plusieurs endroits de l'usine, faisant l'apologie des attentats», a indiqué la direction du constructeur ferroviaire, confirmant une information de La Voix du Nord. «Nous avons fait une enquête interne et nous avons pu avoir plusieurs témoignages. Nous avons 2.000 employés sur ce site, nous devons assurer de bonnes conditions de travail», a ajouté la direction.

Le salarié, un chaudronnier embauché en 2009, est également secrétaire du CHSCT. Comme il s'agit d'un salarié protégé (car syndiqué), son licenciement doit être validé par l'inspection du travail, qui sera saisie «dans les jours prochains», selon la direction.

«Halte à la répression syndicale»

Le syndicat SUD a manifesté devant l'usine avec comme mot d'ordre «Halte à la répression syndicale». «Karim n'est pas coupable. On est un peu en guerre avec la direction depuis un an car on a déterré beaucoup de dossiers. La direction a saisi la perche qu'on lui a tendue (pour le licencier)», estime Rodrigue Louadoudi, délégué SUD (majoritaire). Selon lui, le salarié fait partie des victimes de la vague d'islamophobie qui secoue la France depuis les attentats islamistes de début janvier en Ile-de-France.

«Malheureusement, les terroristes ont gagné, car on compte désormais chaque jour des nouvelles victimes des attentats. Il y a une grosse fracture entre les Français et les musulmans français, qui n'ont pas fini de payer pour les attentats», estime Rodrigue Louadoudi.