Vers une fusion des académies de Lille et d'Amiens?

ENSEIGNEMENT Dans sa conférence de presse pour la rentrée 2015, le recteur de Lille avoue travailler à une hypothèse d'une fusion des académies de Lille et d'Amiens...

Mikaël Libert
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Le recteur de l'academie de Lille, Jean-Jacques Pollet.
Le recteur de l'academie de Lille, Jean-Jacques Pollet. — M.Libert / 20 Minutes

Lundi, Jean-Jacques Pollet, recteur de l'académie de Lille, donnait une conférence de presse pour présenter la rentrée scolaire 2015. En guise de conclusion, le haut fonctionnaire a lâché quelques pistes sur les travaux en cours au sein du rectorat et, notamment, sur une hypothèse de fusion des académies de Lille et d'Amiens, dans le cadre de la nouvelle carte des régions.

Début 2016, la France ne comptera plus que 13 régions, contre 22 actuellement. Ainsi, Le Nord-Pas-de-Calais fusionnera avec la Picardie pour ne plus former qu'une seule et même entité. Outre les collectivités territoriales, directement concernées, il se pourrait que l'éducation doive aussi s'y coller. C'est en tout cas une hypothèse, «parmi d'autres», sur laquelle planchent les services du recteur de l'académie de Lille.

Une réunion programmée en février

Pas de zèle de la part de Jean-Jacques Pollet, mais une directive ministérielle qui demande aux académies de travailler sur une éventuelle fusion dans les régions concernées. «Nous irons vers une grande région avec une grande académie dont la capitale ne fait aucun doute», expliquait, ce lundi, le recteur. Si les travaux ont commencé, ils n'en sont toutefois qu'à leurs débuts: «une réunion de travail avec Amiens est programmée, en février», annonce d'ailleurs le haut fonctionnaire.

Concrètement, si la fusion était actée, cette nouvelle grande académie représenterait 9,8% des élèves français (tous niveaux confondus), soit environ 1,45 million d'écoliers, lycéens, collégiens et étudiants. Une telle organisation pourrait, par exemple, impliquer une mutualisation des moyens, notamment en termes de dotations de postes. Si la fusion avait été appliquée dès la rentrée 2015, l'académie de «Lille-Amiens» aurait eu à partager une dotation de 152 ETP (équivalent temps plein) pour 666.664 élèves du 1er degré (soit 1 nouveau poste pour 4.385 élèves). Ce calcul aurait défavorisé Amiens dont le ratio en 2015 est de 1 nouveau poste pour 4.039 élèves.

Difficile à gérer

Le redéploiement des enseignants, pour des critères démographiques, pourrait se faire sur un territoire plus vaste, impliquant des mutations lointaines. Les autres pistes sur lesquelles le recteur affirme travailler n'ont pas été évoquées. On pourrait imaginer que les deux académies, Amiens et Lille, resteraient en place. Cela réglerait la difficulté mise en avant par Jean-Jacques Pollet de «gérer de tels volumes» d'élèves et d'enseignants.