Un empoisonneur en série de chats inquiète une ville du Pas-de-Calais

FAITS DIVERS En deux semaines, une dizaine de félins ont été retrouvés morts, empoisonnés, dans le même quartier de Haisnes...

Mikaël Libert

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La cité St Elie, à Haisnes, dans le Pas-de-Calais.
La cité St Elie, à Haisnes, dans le Pas-de-Calais. — Google Maps

L'inquiétude est à son comble chez les propriétaires de chats d'une petite commune du Pas-de-Calais. A Haisnes, près de La Bassée, les cadavres d'une dizaine de félins ont été retrouvés en moins de quinze jours a-t-on appris jeudi, confirmant une information de France 3.

«Les chiffres commencent à devenir inquiétants, s'alarme Frédéric Wallet, le maire de Haisnes. En quinze jours, on est déjà à une dizaine de chats décédés». C'est d'autant plus préoccupant qu'un seul quartier de la commune est visé: la cité Saint Elie, du côté de la rue de l'Yser. Kelly habite le quartier: «Moi je n'ai pas de chat, mais une copine en a retrouvé un, mort dans son jardin il y a quelques jours», glisse-t-elle.

Plus de foie ni d'estomac

Une autopsie a été pratiquée sur le cadavre d'un des malheureux félins. «Le vétérinaire a trouvé de la pâtée pour chats mélangée à une substance très toxique pour les animaux et pour les êtres humains», explique Frédéric Wallet. «La mairie a appelé les gens pour les mettre en garde, poursuit l'élu. Le chat autopsié n'avait plus de foie ni d'estomac, on n'ose pas imaginer les dégâts que ça pourrait faire sur un gamin». La substance en question, c'est le Temik, ou aldicarbe, un pesticide qui était utilisé dans la culture de la betterave ou de la vigne (interdit en France).

Outre les dix chats retrouvés morts, une vingtaine d'autres manquent à l'appel. Plusieurs plaintes ont été déposées auprès du commissariat de secteur, à Auchy-les-Mines. La mairie a contacté l'association «30 millions d'amis» et la fondation Brigitte Bardot, «qui se porteront partie civile avec nous», explique Frédéric Wallet. Sylvie aussi a déposé une plainte. Cette riveraine de la rue de l'Yser, âgée de 34 ans, a perdu 6 de ses 12 chats. «J'ai retrouvé les cadavres dans mon jardin et dans ceux des voisins, soupire-t-elle. J'ai peur de laisser sortir les autres. Je ne comprends pas comment on peut faire du mal a des petites bêtes».

Un empoisonneur en série?

En 2012-2013, dans cette même commune, dans ce même quartier, ce sont près de trente de félins qui avaient été retrouvés empoisonnés. Le maire confirme que l'auteur des faits n'avait jamais été arrêté. L'enquête avait d'ailleurs été classée. Une nouvelle enquête va être ouverte pour tenter de mettre fin à l'hécatombe du «serial killer» de chats.