Un après-midi de comparutions immédiates au TGI de Lille

JUSTICE Lundi, plusieurs affaires étaient jugées devant la chambre correctionnelle du tribunal de Lille lors de procédures de comparution immédiate...

Mikaël Libert

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Le tribunal de grande instance de Lille.
Le tribunal de grande instance de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Lundi, au tribunal de grande instance de Lille, c'était une journée comme les autres. La salle d'audience «F» accueillait les procédures de comparutions immédiates sous la présidence du magistrat Mikaël Simoens. Au «menu», vols, violences conjugales, conduite sans permis et de la misère, beaucoup de misère.

«L'alcool a bon dos»

L'audience débute à 14h. Le premier à se «lancer» est un jeune majeur habitant Tourcoing. Il est accusé d'avoir fracturé un cabinet médical en compagnie d'un complice. Multirécidiviste, le mis en cause a quelques mois de sursis qui lui pendent au nez. Il est d'ailleurs actuellement en contrôle judiciaire.

«Vous savez que la première obligation d'un contrôle judiciaire est de ne pas commettre de nouvelles infractions?», tonne le président. Le prévenu s'embrouille dans ses explications pour finalement s'orienter vers un «Je ne me souviens plus bien, j'avais bu». Pour la procureure, «l'alcool a bon dos». «Si vous voulez mentir, faites-le au moins correctement», lâche-t-elle. Jugement: 9 mois fermes.

«Si je le quitte, je vais finir à la rue»

Affaire suivante. Dans le box, un homme accusé de violences conjugales sur fond d'alcool. Sa concubine est entendue comme témoin. C'est elle qui a appelé la police à l'issue d'une soirée où, après avoir éclusé des bières et une bouteille de vodka, le couple en était venu aux mains.

Ni l'un, ni l'autre ne se souviennent du motif de la dispute. «Elle vous énervait à ce point que vous ayez eu envie de la frapper?», lance le président. «Ben oui, quand même», réplique sans hésiter l'accusé. La victime n'a pas porté plainte: «Si je le quitte, je vais finir à la rue». Jugement: trois mois fermes.

«J'ai été suivi par un psychopathe»

Affaire suivante. Un jeune homme est accusé d'avoir volé des téléphones portables. «Vous dites les avoir achetés à un Rom pour les revendre. Mais entre les faits et votre interpellation, quelques minutes seulement se sont écoulées, c'est rapide quand même». Silence du prévenu.

Les témoins n'ont pas réussi à l'identifier formellement. L'accusé évoque des troubles psychologiques: «J'ai été suivi par un psychopathe», explique-t-il. Le magistrat corrige et lui demande s'il prend un traitement pour ses problèmes. «Oui, je prends des médicaments avec de l'alcool». Jugement: six mois fermes.