Migrants: Une ONG dénonce des violences policières à Calais

SOCIÉTÉ Dans un rapport, l'ONG Human Rights Watch fait état de violences policières commises sur des migrants...

M.L. avec AFP

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La police a évacué les migrants de la "Jungle" de Calais, le 22 septembre 2009.
La police a évacué les migrants de la "Jungle" de Calais, le 22 septembre 2009. — M.Libert / 20 Minutes

L'ONG Human Rights Watch, dans un rapport publié mercredi, accuse la police de harcèlement et d’exactions à l'encontre de migrants à Calais. Ces accusations se basent sur la foi de témoignages recueillis sur place. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a vivement critiqué ce rapport.

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«Les demandeurs d'asile et migrants, vivant dans le dénuement dans la ville portuaire de Calais, sont victimes de harcèlement et d'exactions de la part de la police française», affirme Human Rights Watch dans son rapport. Celui-ci se base, notamment, sur des entretiens menés avec 44 migrants et demandeurs d'asile en novembre et décembre 2014.

«Membres fracturés»

«Dix-neuf personnes, dont deux enfants, ont déclaré que la police les avait maltraitées au moins une fois, notamment par le biais de passages à tabac. Huit ont eu des membres fracturés ou d'autres blessures visibles. Vingt et un, dont deux enfants, ont confié que la police les avait aspergées de gaz lacrymogène», énumère l'ONG. Parmi les témoignages recueillis, celui d'une femme de 25 ans, qui raconte avoir été passée à tabac après que les policiers l'ont trouvée dans un camion.

Human Rights Watch exige que le gouvernement français enquête «immédiatement» sur les témoignages de violences policières, et fournisse des «directives claires aux policiers spécifiant l'interdiction de l'utilisation injustifiée et disproportionnée de la force, notamment des gaz lacrymogènes».

Des allégations non vérifiées?

La réponse du ministère de l'Intérieur a été immédiate. Bernard Cazeneuve regrette «que l'association Human Rights Watch n'ait pas pris la peine de vérifier les allégations de violences policières dont elle fait état». «La gravité des accusations publiques contre les forces de l'ordre formulées dans ce document aurait dû conduire l'association à entendre les responsables de la police sur des faits précis, ou à saisir les services compétents», estime le ministre. En conséquence, il «invite l'association Human Rights Watch à saisir ces autorités des éléments tangibles qu'elle aurait pu recueillir afin que des enquêtes approfondies et impartiales puissent être menées sur ces faits».