Lille: La métropole particulièrement touchée par une pollution meurtrière

SANTE Une étude de l'Institut national de veille sanitaire (INVS), parue ce mardi, confirme le lien entre particules en suspension et mortalité et place Lille parmi les villes les plus touchées...

Gilles Durand

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Un panneau recommandant une baisse de vitesse de 20km/h en cas de pollution sur le périphérique de Lille.
Un panneau recommandant une baisse de vitesse de 20km/h en cas de pollution sur le périphérique de Lille. — M.Libert/20 Minutes

Les risques de mortalité accrus pour les Lillois à cause de la pollution atmosphérique. On peut dresser ce constat après la parution, ce mardi, d'une étude de l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Les chercheurs ont étudié, pendant trois ans, la corrélation entre le taux de particules dans l'air et la mortalité, hors accident, dans 17 villes en France, dont Lille et le secteur Lens-Douai. 

Effets à court terme sur la mortalité

«La pollution a les mêmes effets partout. Quand la concentration de particules augmente, on constate, dans chaque ville, une augmentation de la mortalité dans les quelques jours qui suivent», précise Mathilde Pascal, épidémiologiste au sein du programme Air-Climat qui a participé à l'étude. Ces particules proviennent essentiellement des processus de combustion d'énergie fossile (trafic automobile, chauffage, activités industrielles...)

«Cette étude confirme les effets directs des particules en suspension sur la mortalité, même à des concentrations conformes à la réglementation de l'Union européenne (40 µg/m3 en moyenne annuelle) (...) et souligne la nécessité d'agir pour diminuer les niveaux de particules en France», note l'INVS. 

Lille particulièrement touchée

Les Lillois sont particulièrement exposés à ce phénomène inquiétant dans la mesure où la métropole se place en deuxième position (derrière Marseille et devant Nice, Lyon ou Paris) concernant la concentration moyenne annuelle de particules (30,9 µg/m3). A Lens-Douai, la moyenne se situe à 27,3 µg/m3. «Pour chaque individu, le risque lié à la pollution est faible, relativise Mathilde Pascal. Mais plus l'environnement est pollué et peuplé, plus l'incidence globale est importante pour la santé.»

Le «seuil d'alerte» à la pollution aux particules est déclenché en France dès lors que le taux atteint une concentration de 80µg/m3 de particules fines.

Analyse pulmonaire. Au milieu des années 2000, une analyse au microscope électronique de biopsies provenant de poumons humains à Mexico (forte pollution particulaire: 66 µg/m3) et Vancouver (faible pollution particulaire: 14 µg/m3) montrait que les premières contenaient environ 10 fois plus de particules que les secondes. Cette étude prouvait, pour la première fois chez l'homme, que l'exposition à des particules fines conduit à une rétention pulmonaire qui dépend de la concentration ambiante.