Lille: Mobilisation en souvenir de la petite Francesca, morte dans la gare

SOLIDARITÉ Un rassemblement a eu lieu ce dimanche matin devant la gare Lille-Flandres, où un bébé Rom de 2 mois et demi est mort jeudi dans les bras de sa mère...

Olivier Aballain

— 

Rassemblement en souvenir de Francesca, le 4 janvier 2015
Rassemblement en souvenir de Francesca, le 4 janvier 2015 — Olivier Aballain

Les années passent mais les drames de la rue demeurent. C'est cette situation que plusieurs dizaines de militants ont tenu à marquer ce dimanche 4 janvier devant la gare de Lille, 3 jours après la mort sur place d'une petite fille Rom de 2 mois et demi.

Sa mère a donné l'alerte alors qu'elle se trouvait dans la gare, près des quais, le 1er janvier. Les services de secours n'ont pu ranimer l'enfant.

Morte «dans la rue»

Pour les militants, quel que soit le résultat de l'autopsie (qui doit être connu lundi), Francesca est surtout morte «dans la rue». Selon les membres du collectif Roms 59-62, la famille (un couple et ses trois enfants) vivait dans un baraquement de fortune près du Zénith de Lille, et dans la Voix du Nord le directeur de l'association Aréas affirme avoir signalé sa situation précaire aux autorités. 

«Il est incroyable que notre pays et notre ville ne puissent pas prendre en charge ces populations dans la rue autrement qu'au coup par coup», regrette une élue régionale EELV. «Ce qui est en cause ici et à Douai [un jeune homme SDF y est mort en centre-ville le 27 décembre], c'est le manque de moyens pour l'hébergement des personnes en difficulté l'hiver», marque Bertrand Verfaillie, du collectif Roms 59-62.

Des hébergements laissés vides

Bruno Mattei, le président régional d'ATD Quart-Monde, cite l'exemple de la rotonde vide au rez-de-chaussée de la cité administrative. «Le temps de l'hiver, on pourrait y mettre à l'abri 200 personnes SDF, mais on préfère dépenser de l'argent pour évacuer les Roms aux quatre coins de la région». Il remarque d'ailleurs qu'une solution d'hébergement à Halluin a été trouvée «dès vendredi» pour les parents de Francesca et leurs deux enfants. Pour lui, c'est la preuve que «l'offre d'hébergement est volontairement raréfiée».