«Toute ma haine est montée»

JUSTICE «Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça pour me protéger...» Valérie François est en larmes tandis qu'elle témoigne...

Caroline Béhague

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Le dispositif de visioconférence au procès de l’affaire Sullivan.
Le dispositif de visioconférence au procès de l’affaire Sullivan. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

« Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça pour me protéger... » Valérie François est en larmes tandis qu'elle témoigne, devant les assises de Douai, au troisième jour du procès de plusieurs membres de sa famille accusés du meurtre du jeune Sullivan, à Wattrelos. Son témoignage, recueilli par visioconférence, était très attendu. Agée de 22 ans au moment des faits, Valérie raconte les insultes et les coups qui lui auraient été infligés par Sullivan régulièrement, notamment le jour même du drame. « J'avais peur, je ne sortais plus, poursuit la jeune fille, la famille de Sullivan a un sacré pouvoir dans la cité. » Une situation qui a poussé sa famille aux représailles.« Ce n'était pas un saint, concède l'avocat des parties civiles Emmanuel Riglaire. Mais le déchaînement de violences reste totalement disproportionné. » Les accusés avaient-ils prémédité l'enlèvement du jeune homme ? « Au départ, on voulait juste lui faire peur pour qu'il arrête d'embêter plus faible que lui », explique Marjorie, la demi-soeur de Valérie. La correction  a pris une ampleur imprévue. Le mari de Marjorie, Frédéric, a été le premier à frapper l'adolescent. « Toute ma haine est montée », articule-t-il en tremblant. Le jeune Sullivan est mort deux heures après son enlèvement, battu puis étranglé. Valérie François se dit déçue par sa famille. « Nous nous envoyons une lettre tous les six mois, pas plus. Je n'en ai pas envie. »