Lille: Le Restau Soleil se prend deux mois ferme

VIE NOCTURNE La prefecture du Nord prend un arrêté de fermeture administrative contre le bar lillois...

Mikaël Libert

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Le Restau Soleil, rue Henri Kolb à Lille.
Le Restau Soleil, rue Henri Kolb à Lille. — Google Maps

Deux mois ferme. Jean-François Cordet, préfet du Nord, a pris un arrêté de fermeture administrative du bar lillois le Restau Soleil pour une durée de deux mois. Entré en vigueur mercredi, cet arrêté implique que l'établissement passera les fêtes de fin d'année rideau baissé.

Troubles à l'ordre public

Ça lui pendait au nez, au Restau Soleil, cette fermeture administrative. L'établissement était dans le collimateur des autorités depuis les «événements» du 25 octobre dans le quartier Solférino. Des heurts avaient opposé militants anti fascistes à d'autres personnes, puis aux forces de l'ordre, à l'issue d'un concert de rap organisé au Restau Soleil. Ces incidents avaient fait l'objet d'un rapport de police (daté du 28 octobre) qui figure en tête des arguments avancés par le préfet pour justifier sa décision. Pour l'accusation de fauteur de «troubles à l'ordre public», au restau Soleil on s'interroge: «Est-ce à un cafetier d'aller faire le service d'ordre à 500 mètres de son commerce?».

La préfecture a retenu la responsabilité de l'établissement suite, notamment, aux interpellations de deux «militants» dans la nuit du 25 au 26 octobre. Dans leurs dépositions, les deux mis en cause avaient reconnu avoir assisté au concert, l'un d'eux avouant avoir consommé «au moins sept bières» dans le bar. Au restau Soleil, on dénonce «un acharnement» qui va laisser «16 personnes sans salaire pour les fêtes» dont quelques étudiants qui «ne vont pas pouvoir payer leur loyer».

Dialogue de sourds

Mais, pour le préfet, il y a au moins un autre argument qui a pesé dans sa décision: l'établissement «ne dispose pas d'une licence d'entrepreneur de spectacles» qui lui permettrait d'organiser des concerts. Illégalité? «Nous n'organisons rien, réplique-t-on au Restau Soleil. Nous prêtons gratuitement la salle à des musiciens amateurs». Un dialogue de sourds qui devrait connaître des suites judiciaires. Les responsables du bar envisagent de déposer un référé auprès du tribunal administratif.