Nord: La bière de Noël, entre tradition et marketing

GASTRONOMIE «20 Minutes» vous aide à comprendre ce qui se cache derrière l'appellation officieuse, bière de Noël...

Gilles Durand

— 

Illustration d'une bière dans un bar.
Illustration d'une bière dans un bar. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

En bouteille ou en pression, la bière de Noël a colonisé une partie des comptoirs et des rayons en cette période de fin d'année. Pourtant, dans le Nord, la production reste marginale, entre 0,5 et 1% de la production annuelle chez les brasseurs artisanaux, contrairement à l'Alsace où elle représente un quart de la production des microbrasseries. A-t-elle encore un sens? 20 Minutes vous donne quelques clés.

Tradition séculaire ou produit marketing? Chaque deuxième mercredi de novembre, le syndicat des Brasseurs du Nord organise le lancement de la bière de Noël, une  opération qui va célébrer ses 30 ans en 2015. «A l'origine, la fabrication de cette bière servait à vider les greniers des anciennes matières premières, comme le houblon ou le malt, pour faire place aux nouvelles, au milieu de l'automne. De plus, le froid permettait de conserver la bière plus facilement. Les brasseurs y mettaient tout leur savoir-faire», raconte Gérard Sonnet, secrétaire général des Brasseurs du Nord. Aujourd'hui, ce ne sont plus les contraintes climatiques qui motivent les brasseurs, mais l'enjeu marketing. «C'est intéressant pour l'image de la brasserie, mais il n'y a aucun enjeu économique», note Gérard Sonnet.

Une qualité en déclin? «Ce sont les petits brasseurs qui ont remis cette tradition au goût du jour en fabriquant des bières plus élaborées et plus riches en épices», explique Pascal Guellec, spécialiste de bières et responsable du site Pointboisson.com. L'industrie de la bière a suivi, mais en jouant le jeu. «Toutes les grandes marques s'y sont mises. Même les industriels essaient d'obtenir une qualité supérieure», assure Pascal Guellec. «On ne peut pas dire que les bières de Noël sont meilleures ou moins bonnes. Elles sont différentes, plus typées et plus aromatisées», souligne Gérard Sonnet.

Une production diversifiée? Il existe autant de bière de Noël que de producteurs. «En France, il n'existe qu'une seule appellation officielle: la bière de garde. La bière de Noël peut être considérée comme une bière de garde», glisse Pascal Guellec. Elle est souvent plus forte en degré d'alcool et plus ambrée, «mais il n'y a aucune recette type», précise Gérard Sonnet. D'ailleurs, une nouvelle appellation a fait son apparition: la bière d'hiver. La Brasserie artésienne, qui fabrique la St Glinglin, s'y est mise, par exemple. «Rien de révolutionnaire, avoue Pascal Guellec. Cela permet simplement de continuer à vendre de la bière de Noël après Noël.»