A Valenciennes, le boulot est derrière les barreaux

PRISON Théodore Walkowiak, responsable de la production à la Fonderie de Denain, n'a pas hésité à venir démarcher des détenus...

Thierry Butzbach

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Hier, la prison a volé au secours des recruteurs valenciennois. « Je ne trouvais plus de mouleurs ni de fondeurs », assure Théodore Walkowiak, responsable de la production à la Fonderie et aciérie de Denain. Alors il n'a pas hésité à venir démarcher des détenus en participant, comme douze autres entreprises du Valenciennois, au deuxième forum des métiers organisé hier par l'ANPE au sous-sol de la maison d'arrêt de Valenciennes.Les portes claquent et les pas résonnent durant les entretiens. Quatre-vingt-dix détenus volontaires, sur les quatre cent seize que compte l'établissement, sont venus par groupe se renseigner sur les différents métiers proposés. Timides et réservés, certains sont restés prostrés dans le couloir. D'autres semblaient bien décidés à saisir la perche. « Un contrat de travail, c'est le sésame pour obtenir une semi-liberté », jubilait Ludovic, 31 ans. Condamné à 18 mois,  il cherche à retrouver un job  de conducteur d'engin. Selon Sylvie Dewaele, directrice de l'ANPE de Valenciennes, « ce type d'initiative évite la sortie "sèche" incompatible avec une réinsertion sociale ».