Tombé dans le panneau solaire

PORTRAIT Pour lui, la Semaine du développement durable c'est toute l'année. Dominique Guillardeau s'est intéressé...

Caroline Béhague

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Dominique Guillardeau, précurseur de l’électricité photovoltaïque.
Dominique Guillardeau, précurseur de l’électricité photovoltaïque. — Eléonore Delpierre/ 20 Minutes

Pour lui, la Semaine du développement durable c'est toute l'année, pas seulement du 1er au 7 avril. Dominique Guillardeau s'est intéressé à l'électricité solaire par hasard, en 1986. Son intérêt pour cette énergie alternative s'est rapidement transformé en engagement passionné.Lorsque l'entrepreneur lensois allume la lumière de la salle de réunion de la société Free Energy Europe, le soleil a déjà tapé toute la journée sur les panneaux de l'usine. Deux néons éclairent la pièce : « Nous avons deux heures d'énergie devant nous », prévient Dominique Guillardeau, directeur de cette entreprise d'électricité photovoltaïque, pionnière en France. Il déballe un « solar kit home » : un panneau de 14 watts et un régulateur qui alimentent deux luminaires et une prise pour un appareil à batterie (télévision ou téléphone portable par exemple). Ce produit connaît un franc succès, à l'instar des 40 000 à 50 000 panneaux solaires made in Lens vendu chaque année. Près de 95 % de la marchandise est exportée, dont les deux tiers vers l'Afrique. « Avant l'arrivée de nos produits, les sites africains sont dépourvus de courant », raconte Dominique Guillardeau. A chaque élection organisée sur le continent, il enregistre des pointes de ventes générées par des candidats soucieux d'éclairer leurs électeurs  potentiels. Confronté à des situations de carence énergétique dans le tiers monde, Dominique Guillardeau dit avoir « ouvert les yeux. La France, c'est lumineux comme Versailles ! »Chez lui, il s'organise soigneusement pour ne pas dépenser plus de 6 kW/h d'électricité à son domicile. Il a une confiance inébranlable en ses panneaux solaires, fabriqués avec du silicium amorphe. Pourtant, la société, créée par Charbonnages de France en 1985, fabriquait auparavant des capteurs solaires peu performants, dont la durée de vie n'excédait pas deux ans. En 2004, après le départ des actionnaires originels, l'entreprise a enfin obtenu une certification qualité. « Notre produit est maintenant le meilleur du marché, conclut Dominique Guillardeau, il utilise mille fois moins de silicium que les autres. Nous allons bientôt faire des bénéfices. »