TGV Nord: Les duplex, c'est pas toujours grand luxe

TRANSPORTS L'arrivée des TGV duplex sur la ligne Paris-Lille devait apporter davantage de confort aux voyageurs. Trois mois plus tard, les avis sont partagés...

Olivier Aballain

— 

Un TGV duplex en gare de Lille Flandres
Un TGV duplex en gare de Lille Flandres — O. Aballain

Plus grands, plus confortables, les TGV duplex étaient censés donner un coup de jeune à la liaison Paris-Lille. Aujourd'hui sur la ligne Nord, 13 TGV (un tiers du total) sont formés de ces rames à deux étages dont la capacité dépasse de 45% celle des rames «réseau» classiques (509 places contre 345). En 2015, la moitié des allers-retours Paris-Lille sera assurée avec ce matériel.

«C'est vrai qu'il y a davantage de place, sur certains créneaux on n'est plus parqués comme avant», témoigne Théophile, qui emprunte fréquemment la ligne. Mais les commentaires ne sont pas tous positifs. «Moi, je trouve qu'ils sont vieux et usés, et pas pratiques quand on est à l'étage», corrige Anissa. «Parfois la moquette est tellement râpée qu'elle se décroche» remarque aussi Gilles.

Une offre plus concentrée

Il est vrai que certains Duplex ont dix-sept ans, un âge vénérable qui demande quelques remises à niveau. La SNCF assure théoriquement une rénovation complète «tous les 10 à 15 ans». Mais l'opérateur est aussi pressé d'exploiter la grande capacité des trains à double étage pour mieux adapter son offre.

Ainsi, à partir du 14 décembre, le Paris-Lille de 7h01 sera supprimé au profit de deux doubles duplex de 1018 places à 6h41 et 7h13. Au final le nombre de places reste comparable... la flexibilité en moins. «Cela va m'obliger à prendre le train de 6h41», regrette Carole, qui trouve que «la SNCF pénalise la vie de famille des clients les plus réguliers».

Sur cette suppression, Gilles Laurent, le représentant de l'Union des voyageurs du Nord, a adressé une demande d'explication à la SNCF mais il relativise: «Un train toutes les demi-heures cela reste une fréquence acceptable, même si ça n'arrange pas toujours les usagers. On peut comprendre que la SNCF veuille rationaliser son offre.»