Lille: Martine Aubry annonce une hausse des impôts de 10%, et la met sur le dos du gouvernement

POLITIQUE Martine Aubry défendra une hausse de la taxe foncière à Lille au prochain conseil municipal, pour compenser la baisse des dotations de l'État et la hausse des dépenses...

Olivier Aballain

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Martine Aubry lors de sa conférence de presse de rentrée à Lille, vendredi 3 octobre.
Martine Aubry lors de sa conférence de presse de rentrée à Lille, vendredi 3 octobre. — M.Libert/20 Minutes

Une pierre dans le jardin de ses administrés, une autre dans celui du gouvernement. Martine Aubry a annoncé ce vendredi son intention de proposer une hausse significative de la taxe foncière à l'occasion du prochain conseil municipal, le 15 décembre. L'augmentation équivaut à 10,5% de la somme payée jusqu'à présent par les 27% de foyers fiscaux propriétaires en ville.

Quels sont les effets financiers?

Pour un ménage moyen, la hausse se situera aux alentours de 90 euros par an, estime la municipalité. Plus d'un foyer sur six (17,5%) subira toutefois une hausse dépassant les 100 euros. Quant aux commerces de proximité, ils verront leur facture fiscale s'alourdir de 150 euros environ. Une perspective qui fait râler l'opposition municipale, qui estime, par la voix de l'UMP François Kinget, que cette hausse «s’ajoutera encore aux multiples taxations nouvelles décidées par l’Etat, qui frappent de plein fouet les classes moyennes».

Pourquoi cette augmentation?

La ville espère un surcroît de revenus de 14 millions d'euros par an, auquel il faut ajouter l'effet de la révision des bases fiscales (réévaluation de la valeur fiscale d'un logement). Selon Dominique Picault, l'adjointe en charge du Budget, «cela permettra à Lille de continuer son programme d'investissements pour répondre aux besoins des Lillois».

Concrètement, en 2015 la ville compte notamment ouvrir la piscine de Lille-Sud, les équipements de la porte de Valenciennes (crêche, maison de l'économie sociale et solidaire...). Elle doit aussi assumer les dépenses liées à la réforme des rythmes scolaires.

Pourquoi ça ne plaît pas au gouvernement?

L'annonce intervient après un énième engagement du gouvernement sur l'arrêt des hausses d'impôt. Surtout, elle s'accompagne d'un couplet de maire de Lille sur «le désengagement de l'État», comme au temps de Nicolas Sarkozy. La baisse de la dotation de l'État à la ville est estimée à 4,2 millions pour Lille en 2015.

Mais pour Dominique Picault, la facture atteint 9 millions d'euros si on cumule les dépenses «qui ne sont que partiellement compensées». Exemple: la réforme des rythmes scolaires, dont la mise en œuvre à Lille coûte trois millions d'euros, compensés pour moitié par l'État. Réplique d'un membre du Gouvernement: «Si Lille avait ouvert moins d'équipements ces dernières années, la ville aurait moins de charges». Mais le nombre d'agents est resté stable (hors rythmes scolaires), aux alentours de 4.650 équivalents temps-plein.