Nord: 109 millions d'euros pour les jeunes en difficulté

EMPLOI Le Nord-Pas-de-Calais est la région française la mieux dotée par l'Union Européenne pour trouver un avenir professionnel aux jeunes en décrochage...

Olivier Aballain

— 

Deux jeunes en recherche d'emploi à la Mission locale de Lille.
Deux jeunes en recherche d'emploi à la Mission locale de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Des sous et des projets concrets: l'Union européenne a gâté les jeunes Nordistes. Le fonds européen consacré à l'Initiative pour l'Emploi des Jeunes dans la région a été doté de 109 millions d'euros, la plus grosse enveloppe consacrée à une région française.

Le dispositif, lancé lundi,  prévoit d'identifier puis d'accompagner les «NEET» de moins de 26 ans dans un projet professionnel ou de formation. «NEET», c'est l'acronyme anglo-saxon de «Sans formation, ni emploi, ni stage». Car malheureusement, là aussi le Nord-Pas-de-Calais est particulièrement bien doté. 

«Environ 15.000 jeunes sortent chaque année de l'Éducation nationale sans formation ni diplôme», rappelle le préfet du Nord-Pas-de-Calais. La région présente aussi le plus fort taux de chômage des moins de 25 ans: 36,2%.

Le point sur les nouveautés.

Un accompagnement individualisé.

«Les dispositifs classiques ont échoué, il faut que l'on invente», estime Daniel Percheron, le président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais.

Pour accompagner au mieux les décrocheurs ou les jeunes chômeurs sans formation, l'IEJ prévoit un suivi «personnalisé», inspiré des «techniques de médiation pour l'emploi» parfois mis en œuvre par les cabinets privés. Objectif: trouver une solution pour chacun (emploi, formation ou apprentissage) dans les quatre mois qui suivent le premier entretien.

Selon le patron de la direction de l'emploi (DIRECCTE), dans quatre cas sur cinq le suivi personnalisé «permet d'engager un jeune vers un métier auquel il n'avait pas pensé initialement».

Un fonctionnement par projets

Associations, collectivités et centres de formations vont eux-mêmes répondre aux appels à projets de l'IEJ sur des objectifs précis de repérage puis de suivi des jeunes en difficulté. D'ores et déjà 69 dossiers ont été déposés, concernant 22.000 jeunes nordistes. «L'échec n'est même pas une option», certifie Pierre de Saintignon. Le vice-président (PS) du conseil régional espère généraliser les succès du «circuit-court», qui met en lien direct les jeunes des missions locales avec les patrons.

L'apprentissage enfin débloqué ?

C'est une marotte du gouvernement et du Conseil régional: développer les filières d'apprentissage, ce sésame vers l'emploi trop souvent négligé par les familles.

Pour y remédier, les fonds européens permettront au Rectorat et aux Centres de formation des apprentis d'accepter des jeunes en formation avant même qu'ils n'aient trouvé l'entreprise qui les accueillera en alternance. Le futur apprenti pourra donc tester une formation pendant quelques semaines avant de se lancer. 

«On va diviser le taux d’échec par deux ou trois», promet Alain Griset, le patron de la chambre régionale des métiers et de l'artisanat.