Lille: Une séance photo pour oublier la précarité

SOCIÉTÉ Le Secours populaire du Nord participe à l'opération «Les portraits du cœur»...

Mikaël Libert

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La famille Routel passe devant l'objectif pour Les portraits du cœur.
La famille Routel passe devant l'objectif pour Les portraits du cœur. — M.Libert / 20 Minutes

Guili-guili pouêt pouêt! Et c'est dans la boîte. Dimanche, une vingtaine de familles lilloises en situation de précarité se sont fait tirer le portrait. C'est la première édition des «Portraits du cœur» dans le Nord, initiative nationale née en 2013 du partenariat entre le Secours populaire et le Groupement national de la photographie professionnelle (GNPP).

Flash de studio et brushing

Ils attendent patiemment leur tour, assis autour de grandes tables en sirotant un café pendant que les premiers passent, impressionnés, sous les torches des photographes. Le temps d'un après-midi, le siège de la fédération du Nord du Secours populaire, rue Cabanis à Lille, s'est transformé en studio photo. Il y a même un petit atelier coiffure où une pro, en quelques minutes, redonne un coup de fouet aux brushings des demoiselles. Après la séance, chaque famille repart avec la plus belle image, imprimée sur du papier brillant au format 20x30.

«Ce sont des personnes en grande précarité, explique Hélène Behague, bénévole au Secours populaire. Nous voulions les faire sortir de ça un instant et les mettre en valeur». Cinq photographes, eux aussi bénévoles, œuvrent à sublimer leurs modèles d'un jour. «Je voulais fédérer des collègues régionaux autour d'un projet caritatif, avoue Reynald Delfolie, propriétaire d'un studio de portraits dans le Vieux-Lille. J'ai ramené le fond, et les trois autres photographes ont fourni le papier pour les tirages, l'imprimante et les éclairages».

«On est superbes»

Marie-Domitilde vient de passer avec sa fille, Françoise, et ses deux petits enfants. «C'était très bien», déclare cette jeune grand-mère tirée à quatre épingles. «Comme ils font le singe en même temps, ça met tout de suite à l'aise», poursuit Françoise. Après un bref suspens, le tirage sort de l'imprimante et les avis sont unanimes: «On est superbes», plaisante Marie-Domitilde. A coup sûr, voilà une photo qui va terminer sur la cheminée.