Histoire: A-t-on vraiment joué au foot pendant la Trêve de Noël 1914?

COMMEMORATION Michel Platini et l'UEFA commémorent, jeudi 11 décembre, à Comines-Warnetion, en Belgique, la fraternisation des soldats sur le front, pendant la période de Noël 1914...

Gilles Durand

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Comines-Warneton, le 27 aout - François Maekelberg, un Nordiste passionne d'histoire, devant la stele dressee en memoire de la fraternisation de Noel 1914.
Comines-Warneton, le 27 aout - François Maekelberg, un Nordiste passionne d'histoire, devant la stele dressee en memoire de la fraternisation de Noel 1914. — Gilles Durand / 20 Minutes

Ce fut le seul épisode réjouissant de la Première Guerre mondiale. Le centième anniversaire de la Trêve de Noël, observée en décembre 1914 par les soldats du front, sera célébré dans une semaine, le jeudi 11 décembre, à Comines-Warneton, en Belgique, à une vingtaine de kilomètres de Lille, sous l'égide de l'Union européenne des associations de football (UEFA) et de son président, Michel Platini.

Retour sur cet épisode singulier de la guerre 14-18, avec François Maekelberg, un passionné d'histoire nordiste qui organise, depuis 2007, une reconstitution sur les lieux des faits. Entre légende et réalité.

L'organisation des matches de foot?

Dans les Flandres, les seuls témoignages probants de matchs organisés concernent Frelinghien et Comines-Warneton au lieu-dit Le Touquet. Deux  matchs ont opposé Britanniques et Allemands, avec une victoire (3-2, à chaque fois), de ces derniers. Un registre régimentaire précise même qu'au Touquet, la rencontre s'est disputée «avec une vieille boîte de conserve en guise de ballon».

«Ailleurs, on a sans doute aussi joué au foot, mais de là à parler de match organisé...», tempère François Maekelberg.  Ainsi, toujours à Comines-Warneton,  au lieu-dit Saint-Yvon, une ébauche de match a été interrompue par les officiers britanniques. Ce qui n'a pas empêché la trêve, entamée la vieille de Noël, de se poursuivre au-delà du 1er janvier. Dans la même zone, un lieutenant britannique assure, dans ses mémoires, avoir refusé de boucher les trous d'obus pour qu'un match puisse se jouer le 1er janvier. 

Le partage des chants de Noël?

Cette histoire de chants est évoquée, dès le 8 décembre 1914, dans le journal d'un soldat britannique posté à Comines-Warneton. Il raconte: «Un Allemand vient de chanter notre hymne national. Notre officier demande de répondre (...) Je pense qu'à Noël, nous serons tous potes». Pas d'autres témoignages. 

«Il y a peut-être eu d'autres situations identiques. Après tout, les tranchées n'étaient séparées que par 20 à 40 mètres», précise François Maekelberg. D'ailleurs, des échanges d'objets entre les tranchées étaient monnaie courante, en décembre 1914.

Les punitions pour les soldats?

C'est une photo parue le 8 janvier 1915, d'abord dans le Daily Graphic, qui déclenche la foudre des autorités. On y voit des soldats britanniques et allemands posant mélangés devant l'objectif, sans indication de lieu, ni de date. «Ces soldats savaient à quoi ils s'exposaient, glisse François Maekelberg. Pourtant, les régiments sont restés sur place et aucune sanction n'a été prise». Il est vrai qu'à cette période, côté britannique, l'armée était décimée.