Lille: Des chercheurs découvrent une origine génétique à l'attaque cérébrale

SANTE Un laboratoire de recherche de l'Intitut Pasteur de Lille met en évidence l'existence d'un gène de susceptibilité occasionnant l'accident vasculaire cérébral chez les quadragénaires...

Gilles Durand
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Le Professeur Philippe Amouyel, épidémiologiste moléculaire des maladies liées au vieillissement.
Le Professeur Philippe Amouyel, épidémiologiste moléculaire des maladies liées au vieillissement. — M.Libert / 20 Minutes

Une des causes de l'attaque cérébrale est d'origine génétique. Des chercheurs de l'Institut Pasteur de Lille ont découvert un gène impliqué dans les accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les adultes de 40 à 60 ans, comme le révèle une étude, parue lundi dans la revue Nature Genetics.

«Nous voulions comprendre pourquoi certains individus peuvent déclencher un AVC alors que cette affection survient majoritairement chez les sujets très âgés», souligne le Pr Philippe Amouyel, directeur de l'unité mixte de recherche des maladies liées au vieillissement, réunissant aussi l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'université de Lille-2.

Un gène protecteur

Cette étude, initiée en 2004 et menée principalement par le Dr Stéphanie Debette et le Pr Didier Leys, a nécessité d'étudier le génome de 2.052 malades dans douze pays (dix pays européens, les Etats-Unis et la Russie) pour les comparer à ceux de 17.064 personnes non atteintes.

Les chercheurs ont pu démontrer qu'une forme particulière du gène PHACTR1 était associée à une diminution du risque de développer une dissection des artères cervicales, responsable des AVC. «Les personnes qui possèdent ce gène d'une conformation particulière sont davantage protégées», précise le Pr Didier Leys

Aucune application immédiate

Ces dissections restent sous estimées car elles ne débouchent pas forcément sur des AVC. «Néanmoins, elles peuvent se traduire par un torticolis intense ou de violents maux de tête, mais sans effet majeur cliniquement perceptible sur le cerveau», souligne Philippe Amouyel.

Il est trop tôt pour tirer une application immédiate de cette découverte en clinique, «mais ces informations nous permettent de mieux comprendre les mécanismes en jeu, commente le Pr Philippe Amouyel. A l'avenir, nous espérons parvenir à identifier plus rapidement les personnes à risque et trouver des solutions.»