Bus à Lille: Une grève pour ne pas rouler trop vite

TRANSPORTS D'après le syndicat SUD Transpole, la direction met les passagers en danger en raccourcissant les temps de parcours...

Olivier Aballain

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Le temps d'arrivée du prochain bus sera bientôt donné en temps réel.
Le temps d'arrivée du prochain bus sera bientôt donné en temps réel. — M. Libert / 20 Minutes
  • Une grève quotidienne de deux fois 59 minutes est lancée par SUD Transpole. Mot d'ordre: sécurité des usagers et conditions de travail
  • Le syndicat dénonce les pressions sur les temps de trajet en bus, que la direction cherche à «ajuster» en augmentant la vitesse commerciale
  • Transpole est confronté à un déficit important dans son contrat avec Lille Métropole

 

Côté pile, un plan bus qui multiplie les rotations et les liaisons intercommunales. Côté face, des chauffeurs qui s'estiment mis «sous pression» pour appuyer sur le champignon.

Le syndicat SUD Transpole a décidé de marquer le coup cette semaine en organisant une grève quotidienne reconductible de deux fois 59 minutes aux heures de pointe. Selon SUD, une quarantaine de chauffeurs ont participé au mouvement ce lundi.

«Un peu inquiétant» le soir

«Certaines lignes ont vu leur parcours de 2h diminuer de 10 voire 20 minutes, explique Jean-Paul Bellanger, délégué du personnel. Ça pousse à adopter une conduite qui peut poser des problèmes de sécurité.» L'avertissement n'est pas anodin, quelques semaines après l'accident qui avait coûté la vie à une adolescente à Linselles.

Du côté des usagers, certains, comme Mathilde, constatent effectivement une «tendance» des conducteurs à «rouler plus vite le soir». «Parfois c'est un peu inquiétant.» Valério, lui, estime qu'il y a «toujours eu des conducteurs plus nerveux que d'autres».

Besoins économiques

Contactée par 20 Minutes, la direction de Transpole confirme qu'elle recherche une «amélioration continue sur les temps de parcours», mais en tenant compte «des différents éléments vécus par le conducteur-receveur tels que la circulation, le respect du code de la route, les échanges passagers, etc». Objectif: se «caler avec les besoins du marché local et économique», après trois ans de montée en puissance, concrétisée par l'embauche de 300 conducteurs.

«Le problème, rapporte Patrick Trinel, à la CFDT, c'est que l'ensemble du contrat passé avec Lille Métropole est déséquilibré. L'entreprise perd de l'argent [20 millions en 2014, ndlr], elle veut faire des économies, et ce sont les salariés qui en souffrent.»

A l'Union des voyageurs du Nord, Gilles Laurent suggère de son côté des solutions «simples» pour améliorer les temps de parcours: «Au lieu de dire aux chauffeurs d'accélérer, il suffit de donner la priorité aux bus sur les carrefours. Et il faut laisser les passagers monter par l'arrière dans les bus articulés, comme à Paris. Cela évite les files d'attente aux arrêts.»