Calais: MyFerryLink tente un dernier coup à Londres

TRANSPORTS Les autorités britanniques ont décidé d'interdire à la coopérative française d'opérer sa liaison Calais-Douvres. Elle espère infléchir la décision...

Olivier Aballain

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Un navire de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais.
Un navire de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais. — M.Libert/20 Minutes

Jusqu'ici les autorités britanniques n'ont lâché qu'une seule fois, et c'était en appel. La compagnie de ferries française MyFerryLink va tenter d'obtenir une nouvelle fois l'annulation de la décision défavorable de l'autorité des marchés britanniques (CMA) sur sa liaison Calais-Douvres.

Où en est la procédure ?

Depuis sa saisine par les concurrents britannique (P&O) et Danois (DFDS) en octobre 2012, l'autorité a constamment estimé que l'arrivée de MyFerryLink dans le «Channel» avait destabilisé la concurrence. Mais en décembre 2013, devant les arguments présentés par la partie française, la chambre d'appel de la concurrence (CAT) avait enjoint la CMA à reconsidérer sa décision sur l'activité de la coopérative, montée sur les cendres de l'ex-SeaFrance.

Qu'en pensent les Britanniques?

Las, depuis lors la CMA n'a guère changé d'avis. Dans une ultime recommandation rendue en septembre, l'autorité britannique fait valoir que la coopérative MyFerryLink bénéficie de la mise à disposition par Eurotunnel de trois navires de l'ex-SeaFrance. Ce faisant, Eurotunnel est soupçonné d'avoir «fusionné» avec SeaFrance par l'entremise de MyFerryLink.

Or Eurotunnel exploite déjà la liaison ferroviaire entre la France et l'Angleterre via ses navettes Shuttle. Pour la CMA, cela crée une distorsion de concurrence qui doit amener la chambre d'appel (CAT) à prononcer le 25 novembre l'interdiction du port de Douvres à MyFerryLink sous un délai de six mois.

Qu'en pensent les Français ?

La justice française a autorisé la reprise des navires par Eurotunnel en 2012, afin d'aider les anciens salariés de SeaFrance à monter une coopérative qui exploite ces navires, sans en supporter le coût d'acquisition (65 millions d'euros). Les autorités françaises et anglaises ne sont donc pas du tout sur la même longueur d'onde.

De son côté, Eurotunnel dénonce toujours la «détermination inébranlable» de la CMA britannique à interdire à MyFerryLink d'opérer dans le trafic transmanche. «Au nom du maintien de la concurrence la CMA recommande la disparition d’un opérateur, on marche sur la tête», estimait la direction d'Eurotunnel en juin.

Qu'en disent les concurrents ?

Le Danois DFDS est le plus actif médiatiquement dans cet affrontement. La Voix du Nord a révélé que la direction de la compagnie avait purement et simplement menacé, vendredi sur un site web professionnel, de retirer ses navires de la liaison Calais-Douvres si la chambre d'appel britannique ne confirme pas, mardi, la décision de la CMA.

Un coup de pression très clair, même si la menace est relative puisque la moitié des liaisons de DFDS vers Douvres sont en réalité opérées... depuis Dunkerque, et non Calais.