59% des violences subies par les enseignants proviennent de parents d'élèves

ETUDE On peut être victime et auteur de violence. L’enquête a consisté à interroger des élèves et des enseignants en leur...

Fanny Bertrand

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On peut être victime et auteur de violence. L’enquête a consisté à interroger des élèves et des enseignants en leur demandant s’ils avaient été victime de violence mais aussi auteurs de violences. Cette démarche a permis aux chercheurs et enquêteurs de saisir sans les dissocier une perception, un acte et son vécu par les individus.
 
Côté élèves.
 A la question, « Cette année, dans ton école, quelqu'un a-t-il été violent avec toi ? », 41,3 % des élèves répondent oui. A la question, « Cette année, est-ce qu'il t'est arrivé d'être toi-même violent dans ton école ? », un tiers des écoliers répondent affirmativement. Le contenu des actes considérés comme des violences par les élèves auteurs et victimes sont en majorité des coups et des bagarres (environ 50%). Les reste des actes étant des insultes, des menaces ou des bousculades. Il s’agit en général pour les élèves auteurs de montrer leur supériorité, de régler un désaccord (en particulier sur le déroulement de jeux), de répondre à une agression verbale et de réagir à une règle de vie bafouée (frapper un plus petit). Les élèves se déclarant auteurs de violences sont en majorité de sexe masculin, appartiennent à une famille monoparentale ou recomposée et font partie d’une fratrie de quatre frères et/ou sœurs. Les élèves disant avoir été victimes de violence présentent les mêmes caractéristiques.
 
Côté enseignants.
Dans le tiers des enseignants qui déclarent avoir subi au moins une violence, il existe une majorité de jeunes enseignantes.  59% de ces violences proviennent de parents d’élèves. Les élèves, amis d’élèves ou supérieurs hiérarchiques sont également les auteurs des violences (41%). Les enseignants qui se disent victimes de violences sont plus nombreux que les autres à déclarer que leur métier est mal considéré. Ils sont également plus nombreux à avoir une perception négative des élèves. L'enseignement est ce qu'ils disent préférer dans le métier mais ils jugent que le rôle de l’école est de socialiser les enfants. Il y donc une contradiction entre ce qu'ils valorisent dans le métier et ce qu’ils doivent faire dans l’exercice de leur profession.