Lille: Pourquoi les Lillois vont apprendre connaître François Lamy

POLITIQUE Souvent décrit comme le «bras droit de Martine Aubry» dans l'actualité nationale, le député parisien rejoint (enfin) sa patronne à Lille. Et c'est parti pour durer...

Olivier Aballain

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François Lamy (à g.) avec Martine Aubry et JM Ayrault à Lille en 2012
François Lamy (à g.) avec Martine Aubry et JM Ayrault à Lille en 2012 — M. Libert

Les médias nationaux ont coutume de l'appeler «le bras droit de Martine Aubry». Mais bien peu de Lillois connaissent François Lamy. Le député de l'Essonne assiste pourtant la maire de Lille dans tous ses combats nationaux depuis le congrès du PS à Reims en 2008. L'arrivée de l'ancien ministre de la Ville n'a donc rien d'un hasard. Voici pourquoi.

L'histoire. En 1994, Pierre Mauroy avait une obsession à l'approche de son dernier mandat municipal (1995-2001): assurer sa succession. Une obsession qui l'a conduit à attirer Martine Aubry à Lille.

Vingt ans plus tard, bis repetita? Martine Aubry a déjà annoncé que ce mandat serait le dernier. L'actuelle maire de Lille paraît chercher une personnalité qui s'impose naturellement pour la suite.  Pierre de Saintignon, son premier adjoint, s'est lancé pour prendre le conseil régional. Et les jeunes talents n'ont pas encore le poids politique et médiatique requis pour s'imposer, même si Audrey Linkenheld est reconnue à l'Assemblée pour son travail sur le logement .

L'homme. François Lamy, 55 ans, a un profil assez comparable à la Martine Aubry de 1994. Comme lui, celle qui allait devenir la première adjointe de Pierre Mauroy avait rejoint Lille quelques mois après son passage remarqué au gouvernement (ministère du Travail). Certes François Lamy n'est pas diplômé de l'Ena, mais il a, comme Martine Aubry, débuté sa carrière politique dans un cabinet ministériel (auprès de Robert Chapuis en 1989-1991). Et il a une formation d'instituteur et un passé d'éducateur... comme Pierre Mauroy.

Le timing. Selon la Voix du Nord, les législatives de 2017 pourraient constituer un test, même si celui qui est encore un élu de l'Essonne répond que «ce n'est pas le sujet» pour l'instant. «François Lamy est venu là pour militer, il a déménagé avec son épouse, il a pris sa carte au PS du Nord», explique Pierre de Saintignon. Avant de confier: «Pour la suite il verra bien, mais je serais heureux de l'avoir à nos côtés pour les élections régionales» prévues fin 2015.