PS du Pas-de-Calais: Gérard Dalongeville, condamné, jette l'éponge

JUSTICE L'ancien maire PS de Hénin-Beaumont, révoqué puis condamné pour détournement de fonds, a retiré son appel...

O.A. avec AFP

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L'ancien maire PS de Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville.
L'ancien maire PS de Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville. — M.Libert/20 Minutes

Gérard Dalongeville ne redescendra pas dans l'arène. L'ancien maire socialiste d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), condamné en août 2013 à trois ans de prison ferme pour détournements de fonds publics, s'est désisté de son appel à quelques semaines du procès qui devait avoir lieu à la cour d'appel du Nord, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

En renonçant à faire appel, l'élu ex-PS adopte la même stratégie que Jean-Pierre Kucheida, l'ancien député-maire de Liévin, qui a lui aussi été condamné, mais dans une affaire d'abus de biens sociaux. 

Avec ce désistement, Gérard Dalongeville «acquiesce» au jugement prononcé contre lui par le tribunal correctionnel de Béthune et «ne participera pas aux débats qui auront lieu lors du procès prévu en décembre», a indiqué le parquet général de Douai, confirmant une information de la Voix du Nord.

Une dizaine de personnes encore en appel

L'ancien maire avait été condamné le 19 août 2013 par le tribunal correctionnel de Béthune à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ferme, à cinq ans d'inéligibilité et à 50.000 euros d'amende, pour détournements de fonds publics, délits de favoritisme et usages de faux, au préjudice de la commune du bassin minier dont il a été maire de 2001 à 2009.

Gérard Dalongeville pourrait retourner en prison ou bénéficier d'une alternative à l'incarcération, comme un placement sous bracelet électronique. 

Le procès, prévu du 8 au 19 décembre, aura tout de même lieu, puisque pas moins d'une dizaine de personnes avaient fait appel du jugement.

Élu dans l'opposition en 2014

Gérard Dalongeville avait fait immédiatement appel de sa condamnation, ce qui lui avait permis de se représenter lors des élections municipales en mars, qui avaient vu l'élection du candidat Front national, Steeve Briois, dès le premier tour. Gérard Dalongeville avait obtenu 9,77% des suffrages, lui garantissant un siège dans l'opposition.

En renonçant à se défendre devant la cour d'appel, il renonce de fait dans le même temps à ce mandat en raison de la peine d'inéligibilité à laquelle il est condamné.

Pour l'ancien maire, qui avait réclamé, sans succès, que le président François Hollande vienne témoigner à la barre, l'argent de la commune d'Hénin-Beaumont avait été détourné par son ancien adjoint, Claude Chopin, au profit du Parti socialiste, des accusations de financement occulte dont il n'avait jamais apporté la preuve lors de son procès.

Gérard Dalongeville a passé près de neuf mois en détention provisoire.