Nord-Pas-de-Calais: Pourquoi l'éolien tourne au ralenti

ENVIRONNEMENT Alors que la région figurait parmi les trois pionnières de l'énergie éolienne au début des années 2000, elle s'est depuis fait distancer par le groupe de tête...

Olivier Aballain

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Le site EDF de Seuil de Bapaume (62)
Le site EDF de Seuil de Bapaume (62) — EDf Energies Nouvelles

Le 23 octobre, EDF Energies Nouvelles annonçait la mise en service de deux parcs éoliens dans le Nord et le Pas-de-Calais. Neuf éoliennes au total, capables de produire l'équivalent de la consommation d'une ville de 28.000 habitants. Deux projets de taille modeste, donc adaptés à la région.

On est loin du territoire pionnier de l'éolien connu dans les années 2000: 2e région pour la capacité installée en 2003 et 2004, le Nord-Pas-de-Calais a rétrogradé à la 6e place. Au 30 juin 2014, Picardie et Champagne-Ardenne, les nouveaux «tycoons» de l'éolien, représentaient chacune plus de deux fois la puissance nordiste.

Avec 8% de progression l'an dernier pour un total de 570MW au 30 juin, le Nord-Pas-de-Calais continue sa course, mais plus lentement. Explications.

>> Une région très dense. «Le gisement éolien brut [le potentiel] est important, mais la région est petite et les espaces disponibles sont assez rares», avance Marion Lettry, déléguée générale adjointe du syndicat des énergies renouvelables (SER). D'ailleurs une écrasante majorité des éoliennes (44 machines sur 51) se situe dans le Pas-de-Calais, plus rural que le Nord. 

>> L'opposition des riverains. C'est un corrollaire au premier point: le Nord-Pas-de-Calais compte peu de zones inhabitées, contrairement à certains secteurs de Picardie (+300% en 7 ans) ou de Champagne-Ardennes (+700%). Or l'enthousiasme des premiers temps s'est modéré. Même en zone rurale, chaque projet d'éolienne fait désormais face à des enjeux économiques et patrimoniaux qui parfois se contredisent. Dans le Ternois, le cas du château de Flers est emblématique.

Pour éviter un casse-tête aux élus, le conseil régional a longement discuté son schéma de développement de l'éolien, en 2012. «Nous y avons identifié un potentiel de 1400MW à installer. En comptant la puissance déjà autorisée, nous avons fait la moitié du chemin», explique Emmanuel Cau, le vice-président (EELV) en charge du dossier.

>>L'absence de projets offshore.  Le littoral nordiste n'a été retenu dans aucun des deux appels d'offre lancés à ce jour en France pour l'installation d'éoliennes en mer. «Le Dunkerquois est pourtant très moteur sur la question», note Marion Lettry. Mais le trafic maritime important le long des côtes nordistes peut constituer un frein. Dommage, car les entrepreneurs nordistes existent aussi dans ce domaine, à l'instar de la start-up lilloise Nenuphar. «Nous comptons bien y arriver sur Dunkerque», assure Emmanuel Cau.

En outre, la création d'un opérateur régional de l'éolien est à l'étude pour permettre aux collectivités de lancer leurs propres projets, et d'en toucher les retombées. Un deuxième souffle pour l'éolien, peut être.