Nord: Une victime de la guerre 14-18 sortie de l'oubli

SOCIETE Plus de 80 ans après son décès, un Douaisien a finalement été reconnu «Mort pour la France». Son nom vient d'être ajouté au monument aux morts de Sin-le-Noble...

Gilles Durand

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Sin-le-Noble, le 5 novembre 2014 - Le nom d'Oscar Delforge, reconnu "Mort pour la France" 80 ans aprËs son deces, a ete ajoutÈ sur le monument aux morts de 14-18.
Sin-le-Noble, le 5 novembre 2014 - Le nom d'Oscar Delforge, reconnu "Mort pour la France" 80 ans aprËs son deces, a ete ajoutÈ sur le monument aux morts de 14-18. — Ville de Sin-le-Noble

La guerre 14-18 continue de faire des victimes. A quelques jours des commémorations du 11 novembre, le nom d'oscar Delforge vient d'être ajouté sur le monument aux morts de Sin-Le-Noble, près de Douai... Plus de 80 ans après sa mort et près de 100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale. L'enfant du pays était décédé en 1931, des suites de ses blessures de guerre, «mais il n'avait jamais été reconnu Mort pour la France», explique son petit-fils, Jean Wattelet. Il aura donc fallu la persévérance de ce descendant pour sortir de l'oubli un grand-père qu'il n'a pourtant jamais connu.

55 nouveaux Morts pour la France

«Ce genre de situation n'a rien d'exceptionnel, assure-t-on à l'Office national des anciens combattants (Onac). En 2014, plus d'un millier de dossiers ont été ouverts par l'Onac pour des demandes ayant trait à la mention "Mort pour la France", 55 ont été attribuées au titre de la Guerre 14-18». En temps de guerre, c'est l’autorité administrative ou militaire qui constitue le dossier. Dans le cas de décès survenus après renvoi du militaire dans ses foyers, c'est traditionnellement la famille qui formule la demande. «Mais aucun lien de parenté n'est exigé par la législation», souligne l'Onac.

Eclats d'obus dans la tête

Quatre ans de démarches ont néanmoins été nécessaires à Jean Wattelet, ancien militaire de carrière et auteur patoisant, pour «enfin réparer l'oubli» concernant Oscar Delforge. Grièvement blessé à Salonique, en Grèce, en 1915, le natif de Sin-le-Noble sera réformé, puis rapatrié par un bateau hôpital jusqu'à Marseille, deux ans plus tard. «Il a toujours gardé des séquelles des éclats d'obus reçus à la tête, il ne pouvait plus travailler aux Houillères. Mes grands-parents ont vécu dans une misère noire», raconte Jean Wattelet. Après la mort d'Oscar Delforge, sa femme fut reconnue veuve de guerre et a perçu une pension. Mais pas d'inscription sur le monument aux morts. «L'intérêt suscité par les commémorations du centenaire de 1914 laisse présager une augmentation de ces demandes pour les années à venir», assure l'Onac.