Lille: Qui veut habiter dans un écoquartier?

URBANISME La première phase de construction de l'écoquartier lillois des Rives de la Haute Deule arrive à son terme...

Mikael Libert

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Le quartier des Rives de la haute Deule vu depuis Euratechnologies, à Lille.
Le quartier des Rives de la haute Deule vu depuis Euratechnologies, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Lille à la pointe de l'urbanisme. Mercredi, à Lille Grand Palais, débutait la 3e édition de Project City, grand' messe consacrée aux «tendances, innovations, besoins et nouveaux enjeux de la ville». Le Nord n'est pas en reste de projets d'urbanisme à exhiber aux donneurs d'ordre publics et privés, principal public de ce forum.

Parmi les projets cités en exemple se trouve Les rives de la Haute Deule. Ce nouveau quartier, situé aux confins de Lille et de Lomme, est déjà bien avancé puisque la première phase des travaux sera terminée d'ici à deux ans. Visite guidée.

Ecoquartier. Stanislas Dendievel, président de la Soreli, l'aménageur du site, brandit avec fierté le label obtenu auprès du ministère de l'Egalité et des territoires: «Nous sommes les seuls au nord de Paris à avoir obtenu un label écoquartier». L'eau est omniprésente. Outre la proximité de la Deule et de sa gare d'eau, de nombreux canaux sillonnent les 25 hectares du site aménagés en îlots, «pour que le plus grand nombre ait une vue sur l'eau», commente Stanislas Dendievel. Ces canaux sont alimentés par les eaux pluviales et servent de filtres naturels. Les îlots sont intégrés dans un «maillage vert», constitué de nombres jardins communs et privatifs où les plantes sont choisies pour offrir un maximum de biodiversité. «Pour que l'habitant ne se sente pas oppressé par la densité des aménagements, il fallait mettre du vert un peu partout», commente Fabienne Duwez, directrice générale de Soreli.

Intégration. En ville, chaque mètre carré compte. Comme la surface allouée n'est pas extensible, l'aménageur joue sur la compacité. Ce quartier est l'un des plus denses de la métropole: sur 25 hectares, divisés en 36 îlots, sont concentrés 1.600 nouveaux habitants et 3.200 nouveaux emplois. Le grand rêve de mixité de Martine Aubry n'a pas été laissé de côté. Ainsi, logements sociaux et privés se mêlent aux bureaux et aux commerces. «Seuls quatre bâtiments accueilleront uniquement des bureaux, explique Fabienne Duwez, dont le Bretagne où IBM installera ses locaux». Par ailleurs, la Soreli avait comme postulat de «grader et revaloriser le patrimoine industriel existant». A l'image du Blanc Lafont, devenu Euratechnologies, les bâtiments Place et Canal ont été réhabilités.

A venir. La première phase des travaux devrait être terminée d'ici à deux ans. Déjà 300 logements, sur les 500 prévus, sont sortis de terre. Un programme de 5.400m2 de bureaux va être mis en chantier sur l'îlot n°5. Les permis de construire de deux projets d'habitat participatif sont aussi à l'étude. Avant Noël, la place de la Gare d'eau sera terminée et pourra accueillir ses premiers habitants ainsi que des cellules commerciales. A plus long terme, la seconde phase du projet devait débuter en 2016 pour un achèvement estimé à l'horizon 2025. Le plan d'aménagement définitif devrait être adopté dans un an mais la Soreli espère déjà implanter 1.800 logements et 5.000 emplois.