Lille: Procès en correctionnelle de sept jeunes accusés de bizutage

JUSTICE Une étudiante en classe préparatoire au lycée Faidherbe de Lille avait été gravement brûlée au cours d'une soirée d'intégration...

Mikaël Libert
Le tribunal de grande instance de Lille.
Le tribunal de grande instance de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

«A plus de quatre, on est une bande de cons», chantait Brassens. C’est un peu autour de ça que tournait, mercredi, le procès devant le tribunal correctionnel de Lille de sept jeunes gens accusés de bizutage. En octobre 2013, «l’entretien» d’intégration d’Eloïse, une jeune fille en première année de classe préparatoire au lycée Faidherbe de Lille, a «dérapé».
Pour devenir membre de l’association étudiante «KB», les postulants doivent subir un «entretien». Le rituel est bien rodé: yeux bandés, le candidat est amené dans un appartement où, à genoux face à une lampe, on le bombarde de questions souvent gênantes. «J'étais curieuse de découvrir cette association, lance Eloïse au président du tribunal. On m'avait dit que ce n'était pas bien méchant». Mais pour la jeune fille, les choses sont allées au-delà d'un simple interrogatoire: «J’ai reçu au moins dix gifles, on m’a insulté, j’ai été fouillée de manière obscène...», déclare-t-elle à la barre.

« J’ai failli être amputée »

Dans la mise en scène du rituel, la lampe, posée trop près du genou droit d'Eloïse, lui a provoqué une grave brûlure nécessitant deux greffes de peau: «Huit jours après les faits, ma blessure s’était infectée. Le médecin a dit que j’aurais pu être amputée», glisse la plaignante.
Pierre était le «69», le chef de l’association «KB». Il est l’un des deux prévenus à comparaître pour des faits de violences. Le président du tribunal lui demande: «KB, ça veut bien dire Komité de Bienvenue? On en est loin». Pierre reconnaît l’intégralité des faits, même s’il minimise la violence des gifles. «Je me suis laissé emporter par un sentiment de puissance, explique-t-il, porté par l’effet de groupe». Alexis est, lui aussi, poursuivi pour avoir donné, selon ses termes, une «tarte» à Eloïse: «En groupe, on se sent plus fort, lâche-t-il, même si notre but n’était pas de lui faire de mal».

A l'issue de l'audience, le procureur a requis des condamnations à des travaux d’intérêt général (entre 140 et 210 heures) assorties de 1.000 euros d’amende pour chacun des sept prévenus. La décision a été mise en délibéré au 12 novembre.

Ce que dit la loi

Le bizutage est défini dans la loi du 17 juin 1998 comme le fait «d’amener une personne à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants». C’est un délit passible de six mois de prison et 7.500€ d’amende.