Nord-Pas-de-Calais: Quand la lutte contre le gaspillage alimentaire rime avec insertion

ECONOMIE Des entreprises privées et des associations s'associent contre la précarité et le gaspillage...

Mikael Libert

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L'usine McCain de Harnes dans le Pas-de-Calais.
L'usine McCain de Harnes dans le Pas-de-Calais. — M.Libert/20 Minutes

Comment lutter contre la précarité avec des légumes moches? C'est le pari qui a été pris par plusieurs entreprises et associations toutes basées dans la région Nord-Pas-de-Calais révèlent nos confrères du journal LSA.

Le géant canadien de la pomme de terre, McCain, le supermarché Leclerc de Templeuve, l'agence de travail temporaire Randstad et les Banques alimentaires ont participé à la création de l'entreprise «Bon et bien». Le point de départ est lié à deux constats pragmatiques: un taux de chômage élevé dans la région (12,8%) et le gaspillage, en France, de 150kg par an et par personne de denrées alimentaires.

«Bon et bien»

«Bon et bien» se chargera de valoriser des denrées destinées à la poubelle: ici nous parlons des écarts de triage de légumes récupérés auprès des agriculteurs régionaux travaillant avec McCain (environ un millier). Les «écarts de triage», ce sont les produits qui ne correspondent pas aux standards de «beauté» leur permettant d'être présentés en l'état aux clients (une pomme de terre biscornue, une carotte tordue...).

Parce que la forme ne change pas le goût, ces laissés-pour-compte du monde des légumes seront transformés en soupe sur la ligne de fabrication de «Bon et bien», installée dans le centre Leclerc de Templeuve. Ce sont des chômeurs de longue durée, recrutés localement, qui se chargeront de faire tourner la boutique. Les soupes seront ensuite distribuées et vendues dans les supermarchés Leclerc de la région. Les bénéfices seront ensuite intégralement réinvestis dans l'entreprise pour assurer son développement. Reste à savoir si le consommateur sentira le goût du «social business» dans son bol de soupe.