Lille: Quand les écrivains se prêtent au jeu du Prix Goncourt des lycéens

Littérature Environ 200 jeunes lecteurs des académies de Lille, Amiens et Reims doivent élire le 18 novembre, leur auteur préféré. Ils les ont rencontré, vendredi, à Lille...

Gilles Durand

— 

A Lille, le 10 octobre 2014 - Rencontre entre des élèves et des écrivains, à Lille, dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens 2014.
A Lille, le 10 octobre 2014 - Rencontre entre des élèves et des écrivains, à Lille, dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens 2014. — Gilles Durand / 20 Minutes

«Je ne pensais pas que j'aurais autant accroché». Pendant deux mois, Thibaut participe au Prix Goncourt des lycéens avec sa classe de 1re S au lycée Angellier de Dunkerque. Vendredi, comme 170 autres élèves des académies de Lille, d'Amiens et de Reims, il avait rendez-vous, à Lille, avec neuf des auteurs sélectionnés dans cette compétition littéraire adossée au prestigieux Prix Goncourt. Au programme, un jeu de questions-réponses entre lycéens et écrivains, suivi d'une séance de dédicace des romans en compétition.

«Des lecteurs de moins de 40 ans»

«Ce genre de rencontre permet de désacraliser l'écriture et, pourquoi pas, de créer des vocations chez les jeunes», explique Mathieu Barville, chargé du projet pour la Fnac, partenaire du concours. Pour chacun des participants, c'est une expérience inédite. «Pour nous qui faisons des salons du livre régulièrement, c'est exceptionnel de discuter avec des lecteurs de moins de 40 ans», avoue l'auteur Gilles Martin-Chauffier. «Leurs questions sont souvent pertinentes, notamment leurs remarques sur la construction du livre», note Benoît Duteurtre, un autre auteur en compétition.

Du côté des élèves, la cadence de lecture est plus ou moins appréciée. «C'est un défi personnel de pouvoir lire 15 livres en deux mois», s'amuse Floriane, élève en 2nde Littérature et Société à Hazebrouck. La jeune fille talonne même sa prof dans le rythme de lecture. Une prof, Laurane Santamaria, qui organise des cafés littéraires pendant les cours de français, histoire de motiver les troupes. «Dans la classe, un seul élève m'a avoué que, pour lui, lire allait être le début du cauchemar», souligne-t-elle.

«Cinq ou six ans que je n'avais rien lu»

La rencontre de vendredi, en tout cas, fait des émules. «Entendre les auteurs parler de leur livre m’a donné envie de les lire», signale Léa, lycéenne à Péronne, dans la Somme. Même si parfois, l'adolescente «saute des pages quand les descriptions sont trop longues». Pour les élèves à dominante scientifique de Dunkerque, l’expérience semble, aussi, plutôt bien vécue. «Au début, c’était super dur, ça faisait cinq ou six ans que je n'avais rien lu. Finalement, les histoires sont accrochantes (sic)», note Thibaut. Ce dernier ne se sent, toutefois, pas prêt pour s’attaquer aux classiques de la littérature française. «La lecture, c’est quand même moins bien que le cinéma», glisse-t-il. «ça change, renchérit son copain Hugo. Il faut davantage d’imagination et de temps que pour voir un film.»

Les étapes. Chacun des élèves doit lire au moins dix des quinze romans en compétition. Chaque classe doit ensuite désigner un délégué  qui se rendra aux délibérations régionales, le jeudi 13 novembre, à Paris. Les délibérations nationales auront lieu le mardi 18 novembre, à Rennes, avec chaque délégué régional, élu lors de la précédente rencontre. Le lauréat du Prix Goncourt des Lycéens sera désigné à cette occasion.