De deux mois à cinq ans ferme pour les voleurs désorganisés

JUSTICE «En entendant les peines requises, on a frémi», lançait hier l'un des avocats de la défense au président du tribunal correctionnel de Lille, où onze prévenus étaient jugés pour vols aggravés en bande organisée. Finalement, les peines ne sont pas al...

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« En entendant les peines requises, on a frémi », lançait hier l'un des avocats de la défense au président du tribunal correctionnel de Lille, où onze prévenus étaient jugés pour vols aggravés en bande organisée. Finalement, les peines ne sont pas allées à la hauteur des réquisitions. De deux mois de prison avec sursis à cinq ans ferme ont été prononcés hier soir à l'encontre des accusés. Le substitut du procureur avait réclamé de deux à sept ans ferme. Sept des onze accusés ont également été condamnés à verser près de 13 000 € de dommages et intérêts à trois des plaignants. Depuis lundi, les prévenus étaient jugés pour avoir commis quarante-six cambriolages qui visaient les domiciles de particuliers et commerçants de la région et au-delà. Le préjudice était estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.Du côté de la défense, on a tenté de remettre en cause le dossier. « Pardonnez-moi, mais dans cette affaire, l'instruction s'est montrée quelque peu paresseuse, a plaidé l'un des avocats hier matin. Ces accusations sont très lourdes. » Son credo : l'absence de violences et la remise en cause de l'association de malfaiteurs que constitue la famille élargie des onze prévenus.Témoignages vagues, impossibilité de retrouver le fruit des vols sur les comptes en banque ou dans le train de vie des accusés : les avocats se sont montrés indignés du traitement réservé à leurs clients issus de la communauté des gens du voyage. « Quand on traduit ces gens-là devant le tribunal, on a tendance à prendre des raccourcis qu'on ne prendrait pas avec quelqu'un qui aurait une belle carte de visite... »

Marc Fiévet

La quarantaine de faits reprochés aux accusés a été regroupée en « périples » suivant la date de ces faits, l'utilisation d'une même voiture volée, et la présence supposée des mêmes individus. Une notion vivement critiquée par les avocats de la défense qui ont voulu analyser les faits un par un.