Pourquoi l'éruption du volcan islandais pollue le nord de la France

ENVIRONNEMENT L'organisme Atmo a détecté lundi une augmentation anormale de la concentration en dioxyde de soufre dans l'atmosphère du Nord-Pas-de-Calais, conséquence probable de l'éruption du volcan islandais Bardarbunga. Explications...

Olivier Aballain

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Panache de SO2 sur les îles britanniques le 21 septembre 2014
Panache de SO2 sur les îles britanniques le 21 septembre 2014 — SACS

Un petit bonjour d'Islande. Depuis lundi, Atmo Nord-Pas-de-Calais a détecté dans toute la région une concentration anormalement élevée de dioxyde de soufre (SO₂) dans l'air. L'organisme de surveillance de la qualité de l'air attribue l'arrivée de ce gaz irritant, grand classique des éruptions volcaniques, à l'activité récente du volcan islandais Bardarbunga. Faut-il s'en inquiéter? Le point en trois questions clefs.

D'où vient le dioxyde de soufre? Les preuves sont accablantes contre Bardarbunga, le volcan islandais entré en éruption fin août. La surveillance satellite signée de l'institut belge d'aéronomie (ci-dessus), ainsi que l'image de la Nasa ci-après, indiquent que le panache de SO₂ qui aborde ces jours-ci le Nord-Pas-de-Calais semble provenir des émissions datées du 20 septembre, poussées vers le Sud par des vents porteurs et qui ont traversé les îles britanniques.

Le panache SO₂ du Bardarbunga le 20 septembre 2014 - NASA

 

Quel effet sur l'organisme? Les taux de SO₂ dans l'atmosphère restent assez peu élevés: maximum de 74 microgrammes par m3 d'air à Lille lundi soir, quand le seuil d'information est à 300. D'ordinaire le SO₂, très irritant en lui-même pour les muqueuses respiratoires, a du mal à arriver jusqu'aux poumons car il est arrêté par les barrières naturelles de l'organisme (piégé par le mucus). Mais la présence de particules fines dans l'air change la donne: en se fixant sur les poussières, le SO₂ peut pénétrer plus loin dans l'organisme et provoquer une toux gênante. Or un épisode de pollution aux poussières vient justement de se déclencher dans la nuit de lundi à mardi, selon Atmo Nord-Pas-de-Calais.

Cela va-t-il durer? Probablement pas. Le dioxyde de soufre est très soluble dans l'eau. En conséquence, les émissions du volcan islandais ne peuvent monter très haut en altitude et ont besoin de vents porteurs pour se diffuser vers une région précise, avant d'être rabattues par la pluie. Ce fut le cas le 20 septembre, mais pas dans les jours suivants.