Lille: L’Egypte antique s'invite au Palais des Beaux-Arts

EXPOSITION Le musée lillois consacre son exposition d'automne à Sésostris III, un pharaon méconnu...

Mikael Libert

— 

Tree, une statue de l'artiste Anthony Gormley, présentée au palais des Beaux-Arts de Lille pour l'exposition Sésostris III.
Tree, une statue de l'artiste Anthony Gormley, présentée au palais des Beaux-Arts de Lille pour l'exposition Sésostris III. — M.Libert/20 Minutes

Lorsque l'on parle des pharaons, le premier nom qui vient à l'esprit des profanes n'est pas celui de Sésostris III. Si ce dernier n'a pas la notoriété de Toutankhamon, l'exposition que lui consacre le Palais des Beaux-Arts de Lille, du 9 octobre au 25 janvier, pourrait bien changer la donne.

«L'exposition des premières fois»

Proposer une exposition sur l'Egypte antique n'est pas une nouveauté en soi. Les conservateurs de musée le savent, cette période de l'histoire de l'humanité attire toujours beaucoup de visiteurs. Bruno Girveau, directeur du Palais des Beaux-Arts, se défend pourtant de préparer un coup médiatique: «Ce sera l'exposition des premières fois, assure-t-il. A Lille, rien n'a jamais été présenté sur la période du Moyen Empire [2033 à 1786 avant JC], rien non plus sur Sésostris III, qui fut pourtant l'un des pharaons les plus importants de l'histoire de l'Egypte antique.»

Un héros mythique

Le souverain, qui régna sur l'Egypte entre 1872 et 1854 avant JC, n'est pas qualifié pour rien de «pharaon de légende» par Fleur Morfoisse et Guillemette Andreu-Lanoë, les commissaires de l'exposition. «Sésostris III fut le roi qui ouvrit l'Egypte au monde, que ce soit par la culture, la diplomatie, mais aussi par la guerre», déclare Fleur Morfoisse. Le célèbre historien grec Hérodote (484-420 av JC) a fait de Sésostris III un héros mythique pour les conquêtes qu'il a menées jusqu'aux «portes de l'Europe».

C'est aussi par l'image qu'il souhaitait laisser de lui-même que le pharaon se distingue de ses illustres semblables. Il est le premier roi d'Egypte à se faire représenter en sculpture, marqué par l'âge et par les charges inhérentes à sa fonction. Sur une pièce de l'exposition, une tête appartenant au Nelson-Atkins Museum de Kansas City aux Etats-Unis, le visage du souverain est long, émacié, marqué de plis et de rides. L'image ne se veut pas celle d'un vieil homme, mais d'un monarque autoritaire.

Plus de 350 œuvres

Cette exposition sera aussi l'occasion de découvrir plus de 350 pièces, prêtées par une trentaine de musées, comme le Louvre, le Brooklyn Museum de New York ou encore le musée royal d'Ecosse à Edimbourg. A noter que certains objets proviennent de fouilles réalisées au début des années 2000 par l'université de Lille-3 dans la région du lac Nasser, en Egypte.

Dans l'atrium du musée, cinq œuvres d'Anthony Gormley et de Wolfgang Laib représentent une vision contemporaine des rites funéraires de l'Egypte antique. Cette installation, intitulée Voyage au bout de la vie, sera ouverte à l'occasion des journées du patrimoine les 20 et 21 septembre. Une occasion pour les impatients d'avoir un avant-goût avant l'ouverture officielle, le 9 octobre.