Quatre étudiants mis en examen après un bizutage à Lille en 2013

Éducation Un jeune homme de 20 ans avait été grièvement blessé dans une chute au cours d'une soirée très alcoolisée. Suite à cette affaire, six étudiants de dexième année ont été sanctionnés par l'école...  

Olivier Aballain

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L'entrée du campus de l'Edhec, à Croix (59).
L'entrée du campus de l'Edhec, à Croix (59). — M.Libert/20 Minutes

Quatre étudiants de l'école des hautes études commerciales (Edhec) de Lille ont été mis en examen, soupçonnés d'avoir participé au bizutage d'un étudiant en octobre 2013, lors duquel ce dernier s'est gravement blessé, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Les quatre étudiants ont été mis en examen le 15 juillet dernier pour bizutage, a indiqué cette source, confirmant une information du quotidien Aujourd'hui en France. La qualification de «bizutage» est toutefois contestée devant la cour d'appel de Douai par l'avocat de l'un des mis en examen. Me Eddy Arneton «conteste» aussi le statut de partie civile de l'Edhec dans ce dossier. Selon lui, si la qualification de bizutage était bien retenue, l'école ne pourrait se poser en victime mais serait au contraire «bien évidemment» responsable.

Association prestigieuse, bizutage musclé

Les faits se sont produits dans la nuit du 17 au 18 octobre, lors d'une «soirée d'intégration» de la Course-croisière Edhec (CCE). La CCE est la plus prestigieuse des associations d'étudiants de l'Edhec, mais c'est aussi celle dont les membres sont réputés les plus «impressionants», d'après un mémoire universitaire sur le bizutage datant de 2012 et consultable en ligne (cf. page 12):

Université de Marne-la-Vallée - 2012

 

Un jeune homme de 20 ans et huit autres étudiants de première année avaient ainsi été bizutés dans un appartement du centre-ville, selon des sources concordantes. En état d'ivresse avancé, et incapable de suivre les autres étudiants en discothèque où se poursuivait la soirée, le jeune homme était resté sur place. Il avait été retrouvé aux alentours de 04h30 du matin gisant dans la cour de la maison, et transporté à l'hôpital.

 

La victime avait fait une chute de plusieurs mètres, après être vraisemblablement tombée d'une fenêtre, entraînant un trauma crânien et de multiples fractures.

Des sanctions, mais pas de bizutage?

L'école a sanctionné six étudiants dans cette affaire, prononçant notamment deux exclusions définitives avec sursis probatoire à l'encontre d'étudiants de deuxième année, mais elle s'est toujours refusée cependant à parler de bizutage, évoquant des «comportements répréhensibles au regard du règlement intérieur de l'école». Elle affirme toutefois que «tous les étudiants présents, nouveaux et anciens, ont absolument démenti toute obligation à boire pendant la soirée, et tout acte d'humiliation ou dégradant».

Tout comme l'Edhec, l'étudiant victime de la chute s'est également constitué partie civile dans cette affaire.