Des municipales qui se mangent froides

POLITIQUE Gérard Caudron, ancien maire socialiste de Villeneuve-d’Ascq, repart à la conquête de «sa» ville pour les municipales 2008

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« A lui seul, l'esprit de revanche ne me fera pas gagner. » Et pourtant Gérard Caudron, ancien maire socialiste de Villeneuve-d'Ascq, reparti à la conquête de « sa » ville pour les municipales 2008, avoue encore des « douleurs persistantes ».Car les mois qui ont suivi son départ volontaire en 2001 - après 24 ans de mandat - l'ont déçu. « J'en avais déjà ras-le-bol de la logique qui privilégie le parti aux idées. Alors l'attitude indigne de certains ex-amis m'a convaincu de quitter le PS. » « Nous n'avons toujours pas compris ce départ », assure Gilles Pargneaux, élu de la commune voisine d'Hellemmes devenu depuis secrétaire fédéral du PS nordiste.Dégoûté « pendant trois mois », Gérard Caudron remet ça, à la tête d'un « rassemblement citoyen ». Battu en 2002 aux législatives par le PS, il vise aujourd'hui la mairie. Masochiste ? L'intéressé répond, un peu candidement, qu'aux environs de la soixantaine il « ne se [sentait] pas le droit de ne plus s'intéresser à la marche du monde ». « Je veux redonner; poursuit-il, du soufle à la concertation et aux associations. » Jean-Michel Stievenard, son successeur (PS) à la tête de Villeneuve-d'Ascq, fait une autre analyse : « Etre hors parti c'est se condamner à la solitude, c'est privilégier l'égo par rapport au collectif. »Personne ne conteste un certain charisme à l'ancien maire, fier de son enfance « pauvre » parmi les petits-bourgeois de Laon. Pour convaincre en 2008, il compte sur son contact facile avec ses anciens administrés. Et ne fait pas du PS un adversaire a priori. « Mais s'ils me tapent dessus, qu'ils me ratent et que je suis élu, il ne faudra pas venir me voir en souriant. »

Olivier Aballain