Situation kafkaïenne pour un nouveau professeur de Lille

EDUCATION Un enseignant se retrouve dans une situation paradoxale où, quoi qu'il fasse, il risque de perdre le bénéfice d'une titularisation...

Gilles Durand

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Illustration d'une classe de lycée.
Illustration d'une classe de lycée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La rentrée scolaire prend des allures kafkaïennes pour certains enseignants. En début de semaine, nous évoquions le dilemme d’un professeur documentaliste nordiste nommé dans l’académie de Versailles, alors qu’il bénéficie d’une garde alternée à Lille. Cette fois, c’est encore une affectation qui pose un problème insoluble à un professeur d’économie et de gestion, nouvellement reçu au concours du Capet, en juillet. Il est censé suivre et donner des cours en même temps… à 250 km de distance. «J’ai le choix entre démissionner... et démissionner», déplore Clément.

Affecté à Vitry-le-François

L’an dernier, à 27 ans, il décide de changer de vocation professionnelle et reprend des études pour intégrer l’Education nationale. «D’après un bulletin officiel publié cette année, j’étais censé être affecté à la rentrée dans mon académie d’origine, Lille », explique-t-il. Il apprend le 10 juillet qu’il devra effectuer son stage dans l’académie de Reims, à Vitry-le-François. «Or, pour valider mon concours, je dois terminer un master en économie qui n’est pas dispensé dans cette académie.Si je ne le fais pas, je perds le bénéfice de ce concours. A priori, nous sommes sept dans ce cas», explique-t-il. Et impossible de reporter le stage. «Je devais faire la demande avant le 16 juin, sans savoir à l’époque si j’étais reçu ou non au concours.» Clément demande une correction d’affectation. Refus de la hiérarchie.

Menace d’une grève de la faim

«Je n’ai aucune solution. D’une façon ou d’une autre, je perds le bénéfice de mon concours, l’an prochain.» Devant cette situation absurde, le jeune homme menace d’entamer prochainement une grève de la faim devant le ministère de l’Education nationale. Il a décidé de sécher la rentrée dans le lycée technique de Vitry-le-François et débute les cours, mercredi à Arras, pour tenter d'obtenir son Master 2. En attendant la décision, ou la sanction, du ministère.