Que va devenir la «maison aux avions» de Steenwerck, dans le Nord?

Patrimoine Le décès, mardi, de son propriétaire, l'agriculteur artiste Arthur Vanabelle, remet sur le tapis l'avenir de ce lieu qui ne bénéficie d'aucune protection au titre de monument historique...

Gilles Durand

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La "ferme aux avions" à Steenwerck (59).
La "ferme aux avions" à Steenwerck (59). — M.Libert/20 Minutes

Elle est connue de tous les automobilistes qui fréquentent l’A25, entre lille et Dunkerque. La «ferme aux avions», qui se dresse sur la commune de Steenwerck, a perdu son créateur, Arthur Vanabelle, décédé, mardi, à l’âge de 92 ans. Cette disparition risque de sonner le glas des espoirs de voir, un jour, ce lieu emblématique restaurer et conserver.

Redécouvrez en vidéo la «ferme aux avions» ici!

Après la deuxième Guerre Mondiale, Arthur Vanabelle avait commencé à construire, avec des objets de récupération, ces drôles de machines: un char, des canons, des avions… L’association pour la sauvegarde de la maison aux avions (Asma) s’était créée en début d’année pour sauver le site et les œuvres après que sa maison eut été mise en vente. Aujourd’hui, ce projet semble plus que jamais compromis. «Nous allons respecter la période de deuil. Après l’enterrement qui a lieu lundi, nous allons relancer le ministère de la Culture et le conseil général du Nord», souligne Gricha Rosov, président de l’Asma qui s’étonne du manque d’engagement sur le sujet. Car, pour lui, «le temps presse, le bâtiment se dégrade de jour en jour».

L’engagement de la ministre

En juin, l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti s’était pourtant engagée devant le parlement, à la suite d’une question du député (PS) du Nord, Jean-Pierre Allossery. «Le patrimoine ne se limite pas aux cathédrales et aux châteaux, avait-elle annoncé. L’Etat et les collectivités publiques doivent être en mesure d’assumer la protection de ces formes plus contemporaines du patrimoine. Cela vaut pour l’œuvre des frères Vanabelle». Une disposition du projet de loi devait d'ailleurs être présenté en ce sens avant que la ministre ne soit remplacée, la semaine dernière, lors du remaniement.

Aucune demande de protection comme monument historique

Le musée d’art moderne, LaM, à Villeneuve d’Ascq s’est, certes, engagé à sauver quelques œuvres qui ont été mises à l’abri, mais pas la ferme qui reste une propriété privée. Qu’importe, la protection d’un immeuble au titre des monuments historiques peut être présentée par le propriétaire, mais aussi par toute personne physique ou morale y ayant intérêt: une association, une collectivité locale ou l’administration centrale ou régionale du ministère chargé de la Culture. Selon la direction régionale des Affaires culturelles, à Lille, aucune démarche n’a encore été faite dans ce sens.