A Roubaix, des enseignants sont en conflit avec leur proviseur

EDUCATION Le lycée Jean-Rostand connaît une rentrée houleuse: une enquête administrative a été ouverte...

Gilles Durand

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A Roubaix, le 1er septembre 2014 - Manifestation d'un collectif de professeurs et de parents d'eleves devant le lycee jean-Rostand pour demander la suspension du proviseur.
A Roubaix, le 1er septembre 2014 - Manifestation d'un collectif de professeurs et de parents d'eleves devant le lycee jean-Rostand pour demander la suspension du proviseur. — Gilles Durand / 20 Minutes

«Je suis bien conscient que la confiance est rompue». Le proviseur des lycées Jean Rostand et Maxence Van Der Meersch de Roubaix a fait face, ce lundi, à la mobilisation de 29 enseignants sur 46, soit les deux tiers des effectifs, lesquels réclament carrément sa suspension.

Ces professeurs, quatre syndicats et des représentants de l’association des parents d’élèves lui reprochent une «gestion agressive du personnel» et des «faits graves», comme l’emploi de membres de sa famille et de proches, ou l’opacité de l’affectation des heures supplémentaires. Ils étaient en grève, lundi matin. «Nous avons envoyé un premier courrier au rectorat de Lille, fin juin. Une enquête administrative a été lancée», signale un des professeurs grévistes. La chambre des comptes et le procureur de Lille ont également été alertés de certains faits.

Un « climat d'insécurité au sein de l'établissement»

Le proviseur se défend. «Trois personnes de ma famille, qui ont les compétences requises, sont effectivement sous contrat, mais je ne suis pas le seul à avoir fait la sélection, assure-t-il. Quant à l’octroi et au paiement des heures supplémentaires, tout est fait en transparence avec le rectorat».

Reste un épisode qui est resté en travers de la gorge des enseignants. Au printemps, lors d’un cours de science de l’ingénieur, une élève a retrouvé une image pornographique sur son écran d’ordinateur après une pause. L’élève responsable de cette «blague» a été identifié, sans être pour autant sanctionné. «Il s’agissait d’un jeu très bête entre élèves. La fille, très choquée, a obtenu une réparation morale de la part du fautif», raconte le proviseur. Une procédure insuffisante pour les professeurs en colère. «C’est un acte grave qui induit un climat d’insécurité au sein de l’établissement et parmi les familles», souligne l’un d’eux.

Nouvelle grève, jeudi

Concernant ses relations, le proviseur reconnaît avoir «beaucoup de caractère», mais dénonce un «lynchage». «Je ne comprends pas pourquoi, au bout de six ans de présence, on m’en veut autant. Tout le monde peut me joindre à tout moment. J’aurais préféré être alerté directement».

Les enseignants grévistes ont été reçus par le cabinet du recteur, lundi soir. «On nous a demandé d’être patients et d’attendre que des preuves soient recueillies par la commission qui enquête», précise un des professeurs. Une nouvelle grève est prévue, jeudi.