Un enseignant du Nord très affecté par son affectation

EDUCATION A peine reçu au CAPES, un nouveau professeur est déjà prêt à démissionner...

Gilles Durand

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Une rentrée au lycée. (Archives)
Une rentrée au lycée. (Archives) — G . VARELA / 20 MINUTES

La rentrée de Vincent se présente sous de bien mauvais auspices. A 38 ans, cet ancien employé dans le transport avait parfaitement réussi sa reconversion. Voilà deux ans, il intègre l’Education nationale comme contractuel en occupant deux demi-postes de professeur documentaliste dans des lycées de Wingles et de Douai. «Ce métier a été une révélation pour moi et les proviseurs étaient contents de mon travail», raconte-t-il.

Garde alternée

En mai, il est reçu au CAPES et entrevoit une longue carrière dans l’enseignement. Jusqu’à ce qu’il reçoive son affectation pour la rentrée 2014-2015: Argenteuil, dans l’académie de Versailles. Le problème, c’est que Vincent habite Villeneuve d’Ascq et il a un fils de 10 ans en garde alternée. Pas question pour lui de déménager et impossible de faire la route tous les jours. «En justifiant d’un an et demi d’ancienneté et avec ma situation familiale, j’étais normalement assuré de rester dans l’académie de Lille qui est comme celle de Versailles, déficitaire», explique Vincent.

«On me conseille de démissionner»

Son erreur: ne pas avoir fourni les documents nécessaires au ministère de l’Education en temps et en heure. «Je devais transmettre un papier qu’il fallait au préalable réclamer au rectorat de Lille qui connaît mon dossier. Mais je n’avais pas eu cette information», proteste-t-il. Depuis, il multiplie les courriers pour demander une révision d’affectation. En vain. «La gestionnaire en charge de mon dossier aux Ressources humaines a eu pour seule réponse de me conseiller de démissionner, déplore Vincent. Le pire, c’est que le proviseur du lycée d’Argenteuil est tombé des nues en apprenant ma venue. Il dispose déjà de deux documentalistes à plein-temps.» Contactés, le ministère et le rectorat n’ont pas donné suite.