Le gouvernement opposé à un projet de centre d'accueil pour migrants à Calais

Société Le refus du ministre de l'Intérieur semble enterrer la solution proposée par la maire (UMP) Natacha Bouchart...

Gilles Durand

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Des migrants près de Dunkerque. (Archives)
Des migrants près de Dunkerque. (Archives) — M.LIBERT/20 MINUTES

Toujours aucune solution en vue. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré jeudi à l’AFP ne pas être favorable à l’ouverture d’un centre pour migrants à Calais, comme le demande la maire (UMP) de la ville. «Je ne veux pas créer un centre d’accueil qui soit un nouveau point de convergence des migrants», a-t-il dit en marge d’un déplacement à Rome, première étape d’une tournée européenne sur le thème de l’immigration illégale, qui doit le mener vendredi à Londres. Sa déclaration a visiblement fait bondir Natacha Bouchart, qui tient ce jeudi après-midi une conférence de presse à Calais.

Rencontre reportée au 15 septembre

La maire de Calais, Natacha Bouchart, avait proposé la semaine dernière, de créer un réseau européen de centres d’accueil le long du parcours connu des candidats à l’émigration. Elle s’engageait à ouvrir le premier centre dans sa ville, avec l’aide de l’Etat, si ce projet était retenu. Une rencontre sur le sujet était prévue avec le ministre, la semaine prochaine, le 2 septembre. Elle a été reportée au lundi 15 septembre.

De son côté, le ministre demandera, vendredi à Londres, aux autorités britanniques de «prendre leurs responsabilités» et de venir sur place pour dire aux migrants qu’ils n’arriveront pas à entrer dans leur pays. Dans un entretien accordé à 20 Minutes, l’adjoint à la maire de Calais, Emmanuel Agius, exprimait en début de semaine une demande encore plus ferme. «On souhaite revoir le traité du Touquet, signé en 2003, qui permet la mise en place de structures communes entre la France et le Royaume-Uni de contrôles frontaliers pour faire face à l’afflux massif d’immigrés. Le Royaume-Uni ne peut pas être, à la fois, dans et en dehors de l’espace européen». En clair, la mairie ne verrait pas d’un mauvais œil le fait de bouter les douaniers anglais hors du port de Calais.