Serial éditeur en terre nordiste

LIVRES Gilles Guillon revient sur le succès de la collection Polars en Nord

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La Tour de Lille est posée sur le bureau de Gilles Guillon. L'éditeur de la collection Polars en Nord, chez Ravet-Anceau, sourit derrière ses petites lunettes rondes. « Ce manuscrit est passionnant. Il ne donne pas forcément une belle image de Lille. Les lecteurs vont être surpris. » Car le Poitevin qui a créé cette collection il y a un an aime à sortir des sentiers battus. Quelque 15 000 ventes, tous romans confondus : les chiffres lui donnent raison. « C'est largement plus que prévu », avoue-t-il les yeux pétillants. Un défi payant de plus pour celui que rien ne prédestinait aux métiers du livre. Un père apiculteur, puis menuisier. Une mère femme au foyer. « Quand je suis arrivé dans le Nord, ils croyaient que c'était temporaire. » C'était il y a quinze ans. « En CDD pour France 3 Nord-Pas-de-Calais, j'ai découvert une région vivante. Il se passait toujours quelque chose. » Cette source d'inspiration inépuisable, ce passionné de 45 ans l'a mise au service des Nordistes. « Les gens adorent retrouver des villes, des rues qu'ils connaissent. » Pourtant, le pari n'était pas gagné d'avance. Lors d'un Salon du livre de Paris, il remarque que les écrivains du coin peinent à se faire éditer. Ni une, ni deux, il noue « des relations ». Sans perdre de vue son intérêt : « Il y avait un coup à jouer. » Un coup gagnant, à l'inverse de celui qu'il avait tenté dans l'édition hollandaise dans les années 1990. Pas de quoi arrêter la mécanique de ce boulimique du travail. Avant de poser ses valises à Lille, il a monté Rallye Magazine à Clermont-Ferrand « avec quatre cinglés ». Entre deux, un détour par Milan. Là-bas, c'est une publication spécialisée dans la musique rock qu'il a laissée. Aujourd'hui, la musique a cédé sa place aux couleurs du Nord, qu'il défend depuis 1994 à travers le bimestriel Pays-du-Nord. Quant à l'avenir, Gilles Guillon ne sait pas de quoi il sera fait. « Tant que ça marche, je continue à développer cette collection. » En attendant de tourner la page.

Claire Hohweyer