La bière attaque l'Assemblée

PATRIMOINE Un amendement déposé par 73 députés allonge la liste des boissons «protégées»...

Olivier Aballain
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A la brasserie Lepers, située à La Chapelle d'Armentières.
A la brasserie Lepers, située à La Chapelle d'Armentières. — M. Libert / 20 Minutes

Les producteurs et amateurs de bière passent à l'offensive. L'inscription des bulles préférées des Nordistes au patrimoine «culturel, gastronomique et paysager protégé de la France» sera discutée à partir du 7 juillet à l'Assemblée nationale. Onze élus de la région figurent parmi les 73 députés signant cet amendement, qui ajoute la bière à la liste des boissons de terroirs (vin et spiritueux) devant être «protégées».

Valoriser le patrimoine

L'idée plaît beaucoup à Gérard Sonnet, président du syndicat des brasseurs du Nord: «Cela permet de renouer avec un savoir-faire et une culture implantée dans beaucoup d'endroits. La bière a une authenticité que nous devons défendre.» Le fromager Philippe Olivier, devenu l'un des ambassadeurs de la gastronomie nordiste, estime lui aussi que «les bières, par leur diversité et la palette de saveurs qu'elles recèlent, montrent qu'elles appartiennent bien à un terroir. Dans le Nord-Pas-de-Calais, c'est un peu notre vin à nous.» D'ailleurs, à la brasserie Lepers (qui produit l'Angelus), on apprécie la valeur symbolique de cette «inscription»: «Cela contribuera à donner une valeur positive à un produit qui ne l'a pas toujours eue», se réjouit Yolande Lepers. L'un des objectifs avoués de certains députés est d'ailleurs de permettre aux brasseurs, comme aux viticulteurs, de valoriser leur «patrimoine» sans être soupçonnés de faire la promotion de l'alcoolisme. Jean-Pierre Decool, le député du Nord (apparenté UMP) qui a déposé l'amendement, insiste d'ailleurs sur l'importance économique de la filière: selon lui, «70% de la bière consommée en France est produite en France». Il a demandé à faire inscrire la Bière d'Esquelbecq sur le menu de l'Assemblée nationale.

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■ La filière lutte pour sa reconnaissance

L'importance économique du lobby brassicole n'est pas à négliger: outre la production de bière à proprement parler, la France est aussi le 2e producteur et le 2e exportateur mondial d'orge de brasserie. C'est pour valoriser l'ensemble de la filière que les brasseurs du Nord tiendront en octobre leur premier salon régional, à Arras. Un salon que Lille a préféré ne pas accueillir au nom de la «cohérence» dans la lutte contre les dérives de l'alcool.