Les Britanniques enfoncent le clou dans la coque de MyFerryLink

TRANSPORTS L’autorité de la concurrence britannique refuse toujours à la compagnie française le droit d’accoster à Douvres…

Olivier Aballain

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Un ferry de la compagnie MyFerryLink
Un ferry de la compagnie MyFerryLink — Philippe Huguen AFP

L’autorité de la concurrence (CMA) du Royaume-Uni a confirmé ce vendredi matin son intention d’interdire à la compagnie maritime française l’utilisation du port de Douvres (Angleterre) d’ici six mois. La CMA considère que la présence d’Eurotunnel, aux côtés de la SCOP MyFerryLink (le premier loue ses bateaux au deuxième), donne à l’opérateur du tunnel sous la Manche une position dominante sur le Channel. L’autorité britannique s’inquiète des conséquences de cette concurrence sur la survie des deux autres opérateurs maritimes du détroit, l’anglais P & O et le Danois DFDS.

«Une décision inacceptable»

Le secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a immédiatement dénoncé sur France Info une décision «inacceptable». «On est en train, par hypocrisie, de créer un duopole et on souhaite au final écarter l’activité du pavillon français», estime le membre du gouvernement, qui est aussi élu local de la côte d’Opale. MyFerryLink a capté 10 % d’un marché transmanche en progression de 7 % en 2013, et emploie 600 personnes basées à Calais.

La décision est également très mal perçue chez Eurotunnel, qui s’étonne que la CMA adopte une analyse diamétralement opposée à celle du gouvernement français: «Au nom du maintien de la concurrence la CMA recommande la disparition d’un opérateur, on marche sur la tête».

En pratique, la décision rendue vendredi paraît laisser la porte ouverte à une continuation de l’activité de MyFerryLink à condition d’un désengagement d’Eurotunnel. «C’est impossible puisque lors de la reprise des deux bateaux à SeaFrance [en 2012] le tribunal de commerce nous a imposé de les garder cinq ans minimum», précise encore la direction d’Eurotunnel.