Un périple de 1.500 km en fauteuil roulant entre Avion (62) et Berlin à la mémoire des mineurs

INSOLITE Le Lillois Guy Patin, handicapé moteur, va rallier l'Allemagne depuis le Pas-de-Calais pour rendre hommage à son aïeul déporté en 1941...

Gilles Durand

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Guy Patin va relier Avion (62) à Berlin en fauteuil roulant en hommage à son aïeul Albert Leriche.
Guy Patin va relier Avion (62) à Berlin en fauteuil roulant en hommage à son aïeul Albert Leriche. — Association Cris

C’est un mélange des films Aaltra, de la bande du Groland, et Une histoire vraie de David Lynch. Le Lillois Guy Patin se déplace en fauteuil roulant depuis 7 ans à la suite de plusieurs accidents. A 66 ans, il s’est lancé il y a une semaine dans un périple social et historique pour rendre hommage à son arrière-grand-père mineur, Alfred Leriche. Ce dernier avait été déporté avec 225 de ses collègues, le 11 juin 1941, après avoir mené une grande grève dans le bassin minier. Syndicaliste et communiste, il sera enfermé quelques jours à Huy, en Belgique, avant de finir au camp de concentration de Sachsenhausen, près de Berlin où il décédera en mai 1943.

Pas seulement un plat pays

«Je retrace son parcours en reprenant les étapes au même rythme que lui, raconte Guy Patin, arrivé mercredi soir à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Parti le 11 juin d’Avion, près de Lens, il prévoit d’atteindre Sachsenhausen le 26 juillet, comme Alfred Leriche, il y a 73 ans. Ses motivations pour parcourir ces 1.500 km? Faire connaître un épisode oublié de l’Occupation. «Peu de gens savent que 100.000 mineurs se sont levés, pendant deux semaines, contre l’occupant. Les représailles ont été terribles», note Laurence Dubois, du Cris, association qui s’occupe de l’histoire régionale et organise, avec le Secours populaire, la plupart des séjours de Guy Patin le long de son parcours. «Son défi symbolise cette résistance populaire», explique Laurence Dubois, du Cris.

Entre une météo parfois capricieuse et des pistes cyclables pas toujours en bon état, le pèlerinage est loin d’être de tout repos. «Je fais entre 40 et 60 km par jour et je découvre actuellement que la Belgique n’est pas le plat pays qu’on présente habituellement, notamment les routes de la course cycliste Liège-Bastogne-Liège que j’ai empruntées», soupire-t-il.

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