La colère monte d'un cran

Gilles Durand

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Le face-à-face entre cheminots et agents municipaux a été très tendu.
Le face-à-face entre cheminots et agents municipaux a été très tendu. — M.Libert / 20 Minutes

 

La grève des cheminots a pris une nouvelle ampleur politique. A l'heure où l'Assemblée nationale devait entamer l'examen du projet de loi sur la réforme ferroviaire, environ 200 manifestants ont envahi l'hôtel de ville de Lille, mardi matin, pour obtenir le soutien de la maire socialiste Martine Aubry, dans leur lutte contre ce projet de restructuration de la SNCF et de RFF (Réseau ferré de France). Quelques heurts se sont produits entre syndicalistes et une dizaine de policiers municipaux qui bloquaient l'entrée du bâtiment municipal*. La mairie a, néanmoins, refusé de faire appel à la police nationale qui avait dépêché plusieurs agents d'intervention sur place, selon une source policière.

 

 

Une délégation reçue

 

 

Une délégation, composée de responsables de la CGT et de SUD-Rail, a finalement été reçue en mairie par le premier adjoint Pierre de Saintignon ; Martine Aubry étant absente. « Les revendications ont été entendues et seront transmises à Martine Aubry. Mais nous ne prenons pas position sur le sujet », soulignait Pierre de Saintignon, à l'issue du rendez-vous. « On nous a dit que Martine Aubry déjeunait avec Manuel Valls et qu'elle évoquerait le sujet avec lui », précise Dominique Sens, responsable CGT, qui assure vouloir « continuer à mettre la pression et refuser que le gouvernement laisse pourrir la situation ».

La circulation des trains sera encore perturbée, ce mercredi, par un huitième jour de grève, avec seulement trois TER sur cinq et entre quatre et six TGV sur dix en région. De leur côté, les grévistes ont prévu de bloquer à nouveau les voies et d'aller manifester devant le siège de la fédération socialiste du Nord, à Lille.