La solitude tranquille du Nord-Pas-de-Calais

RÉFORME TERRITORIALE fusion avec la Picardie n'a pas été retenue...

Olivier Aballain

— 

Le siège du conseil régional à Lille.
Le siège du conseil régional à Lille. — M. Libert / 20 Minutes

Le Nord-Pas-de-Calais va faire cavalier seul. Le nouveau schema territorial annoncé par François Hollande n'a pas retenu la fusion avec la Picardie. Conséquence: l'Alsace, en se regroupant avec la Lorraine, devrait abandonner au Nord-Pas-de-Calais le titre de plus petite province métropolitaine (12 414 km2).

Une région compacte

Il n'y a rien d'inquiétant, pour Philippe Rapeneau, patron de l'opposition UMP au conseil régional : « Notre région est jeune, dynamique, elle a une longue façade maritime. Nous sommes tout à fait armés. » De son côté, Philippe Vasseur, le patron de la chambre de commerce et d'industrie régionale, rappelle que onze des seize Länder allemands ont une population comparable ou inférieure au Nord-Pas-de-Calais. «Garder une région compacte n'a que des avantages», estime Philippe Vasseur, qui, «comme en Europe», préfère «l'approfondissement à l'élargissement». Et puisqu'on parle d'Europe, le président du conseil général du Pas-de-Calais estime d'ailleurs sur France Bleu Nord que sans la Picardie, «le Nord-Pas-de-Calais va pouvoir se concentrer sur le développement des liens avec les régions frontalières de Belgique et d'Angleterre.» Mais tous attendent de savoir de quels moyens ils disposeront. Michel-François Delannoy se lance dans une métaphore footballistique: «On peut avoir une région taillée pour la Champions League, estime le patron du groupe PS au conseil régional. Mais si elle a les moyens d'une CFA2 (équipe amateur), ça ne marchera pas.»

 

■ Kanner en colère

Le président du conseil général du Nord en veut au secrétaire d'Etat André Vallini, qui promet de « dévitaliser » les départements d'ici à 2020. Pour Patrick Kanner, ce mot est «inacceptable».