René Vandierendonck: «Roubaix ne sera pas le Cachan du Nord»

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René Vandierendonck

Maire (PS) de Roubaix.

Depuis le 2 janvier, des sans-papiers, en majorité d'origine guinéenne, occupent des locaux appartenant à votre ville pour réclamer leur régularisation. La police les a délogés à trois reprises à votre demande. Pourquoi ?

Je me suis rendu compte, au fur et à mesure que l'action se développait, qu'il y avait des personnes extérieures à la ville qui arrivaient. Il y a des sans-papiers qui sont venus de Lyon pour se greffer au mouvement local et créer un point d'ancrage visible du public. En demandant leur évacuation, j'ai voulu jeter le pavé dans la mare. Il y a eu une volonté évidente de transformer Roubaix en Cachan du Nord et je le refuse.

N'est-ce pas une mesure en contradiction avec la politique sociale menée par votre municipalité ?

C'est le genre de décision qui n'est jamais simple à prendre. Cela a même provoqué des tensions au sein de la majorité municipale, mais je suis persuadé qu'il y a une orchestration derrière ce mouvement. Et je pense que Roubaix remplit son devoir de solidarité.

En quel sens ?

A Roubaix, il y a 900 logements d'urgence et 200 enfants primo arrivants scolarisés dans les écoles et collèges. C'est une ville de fraternité, mais ce n'est pas le réceptacle à une mise en scène médiatique. Je ne veux pas être pris en otage.

Quelle est votre position sur le problème des sans-papiers ?

Dans ma ville, nous appliquons la loi française. Je suis contre la régularisation massive des sans-papiers. J'ai toujours défendu un examen individuel des dossiers. Je suis donc favorable à la régularisation d'une personne qui résiderait à Roubaix et ferait des efforts pour s'intégrer.

Recueilli par F. Bertrand